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Publié par Marcel DJABIOH

Majorité de gestion, une obligation imposée par le scrutin proportionnel

Dans une élection, c'est le mode de scrutin qui permet de passer du décompte des voix à la désignation des élus. Dans un scrutin majoritaire, c'est le candidat ou la liste qui obtient la majorité absolue ou relative des voix, qui est déclaré élu. Le scrutin majoritaire de liste, à un ou deux tours, attribuent à la liste arrivée en tête tous les sièges Toutefois, même dans le cas d'un scrutin majoritaire, lorsque celui-ci est à deux tours, le jeu d'alliance n'en est pas exclus. Un exemple est la réélection de Mr Chirac à la présidence de la République Française face à Mr Lepen.

L'Origine et les raison du scrutin proportionnel au Gabon

Lorsque de la Conférence Nationale de 1990, se dégagent trois groupes, (La majorité, l'opposition et la société civile), en vue de favoriser le multipartisme et de donner un rôle important aux petits partis et à la société civile, les conférenciers à l'unanimité, optent pour le scrutin proportionnel au tiers; applicable aux élections législatives et locales. Ce mode de scrutin fit partie des résolutions de ces assises, mais le PDG et ses complices tapis dans les rangs de l'opposition et de la société civile en décidèrent autrement. C'est ainsi que la proportionnelle au tiers dont le but était de faire participer les trois composantes de la société, à la gestion des affaires de la citée à part égale, fut transformer en proportionnelle simple, applicable uniquement aux élections locales. L'on venait ainsi, de tordre le cou à un système de démocratie participative typiquement gabonais en ôtant le principe qui voulait qu'un tiers des siège soit réservé à chaque groupe de la société, et que le partage de chaque tiers se fasse entre membres du même groupe.

Par exemple : Pour un arrondissement de 21 sièges de conseillers, les candidats de chaque groupe auraient eu à se discuter les 7 sièges qui leur seraient réservés, et à égalité de membres, les trois groupes participeraient à la gestion de l'arrondissement, et désigneraient les dirigeant en fonction de la qualité du programme proposé aux grands électeurs par les candidats au bureau du conseil. Ce principe ayant été perverti, Il n'en demeure pas moins, que le scrutin proportionnel simple en vigueur, conduit inévitablement les partis ayant pris part aux élections locales, à cogérer la localité, sachant que l'organe décisionnel d'un arrondissement, d'une commune ou d'un département, reste le conseil. Le président et ses adjoints n'ayant pour mission que de mettre en application, les délibérations adoptées à la majorité de ses membres par le conseil municipal ou départemental. Cette démocratie locale invite donc au choix des personnes jugées aptes à bien conduire les affaires de la localité pour l’intérêt des populations, plutôt qu'à la défense acharnée de leurs intérêts personnels, d'un parti ou d'un bord politique.

C'est cette vision qui guida les conférenciers en 1990 quant à adoption du scrutin proportionnel au tiers. Aucun groupe n'ayant la majorité sur les autres, seules les préoccupations des populations auraient primé.

Aussi, une bonne compréhension de ce que l'élection des conseils municipaux et départementaux, plus qu'une élection purement politique, est avant tout une élection de gestion de proximité, permet de mieux apprécier les enjeux et d'éviter la confusion. Un conseiller municipal n'ayant pas pour vocation, de défendre le projet de société d'un parti politique, son rôle premier est et doit être celui de délibérer sur des questions se rapportant au quotidien des administrés de sa circonscription, du point de vue économique, social et culturel.

La marginalisation de la société civile par les politiques est une erreur grave qui mérite d’être corrigée au plus vite, dans le cadre de la gestion des collectivités locales par exemple. Malheureusement, dans le Gabon devenu la propriété privée des pédégistes et héritage familial des Bongo et autres nouveaux Dabani, l'exclusion à tous prix de ceux qui pensent autrement, reste le leitmotiv des pouvoiristes. Le gabonais ne devrait-il pas faire échec à cette exclusion qui semble convenir sans gêne, à un clan de bourreaux du peuple ?

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