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Publié par Marcel DJABIOH

Le Gabon des chiffres baigant dans la pauvreté et la précarité

Au Gabon, lorsque les gouvernants décident d'embrouiller le peuple, il leur suffit de faire une forte propagande sur un terme en le mettant à toutes les sauces, et le tour est joué. C'est le cas du Produit Intérieur Brut (PIB) qui selon le Comité monétaire et financier national du Gabon, devrait enregistrer une augmentation et passerait de 5,5% en 2013 à 6,5% en 2014. Ce qui fit dire à Ali'9 "Mr J'AI DÉCIDÉ" lors d'une interview, que le niveau de vie des gabonais a changé depuis qu'il a hérité du fauteuil de son défunt père. Et depuis, on entend parler du taux de croissance un peu partout, même dans les débits de moussoungou de kinguélé, venez-voir, Atsibi-ntsosse etc. Pourtant, la réalité a obligé "Mr J'AI DÉCIDÉ" lui-même, à dire la vérité le 18 février 2014, face au rapport bien que contestable du cabinet McHensy

C'est quoi la croissance économique dont on parle dans tous les discours depuis un moment ? Les économistes la définissent comme étant, l'augmentation durable de l'activité économique d'un pays, que l'on constate notamment par l'évolution des prix, de la production, des revenus. Cette croissance est évaluée à partir de l'indicateur du produit intérieur brut (PIB = valeur de tous les biens et services produits à l'intérieur des limites géographiques d'un pays) ou à partir du produit national brut (PNB), qui tient compte des flux de revenus des facteurs économiques entre un pays et le reste du monde. Elle correspond donc à l’accroissement de la quantité de biens et de services produits dans un pays au cours d’une période donnée.

Ce Produit Intérieur Brut s’élevait selon la Banque Mondiale à 18,66 Milliard de Dollars, pour un taux de croissance de 6,1% en 2012 et de 5,5% en 2013 selon le Comité monétaire et financier national du Gabon. Que veut-on que le gabonais lambda comprenne dans ces termes et ces chiffres, quand son quotidien ne s'améliore pas et que la vie devient plus chère chaque jour, alors que le Produit Intérieur Brut par habitant, serait passé à 11 430,49 Dollars, soit 5 725 589,92 FCFA selon la banque mondiale ? Quand on sait que le PIB par habitant permet d'évaluer le pouvoir d'achat des habitants d'un pays, Comment des gouvernants sérieux, qui veulent apporter un bien-être aux populations, peuvent-ils se satisfaire d'un taux de croissance basé pour l’essentiel, sur les productions pétrolières, minières et forestières, alors que très peu de gabonais, dépensent 5 725 589,92 FCFA par an ?

Et on vante partout le taux de croissance économique basé sur le calcul du PIB que certains économistes s'accordent à qualifier d'indicateur de mesure du développement présentant des limites importantes car ne prenant pas en compte, les données sociales et environnementales, et que le bien-être d'une population ne peut pas être mesuré uniquement en fonction des richesses économiques produites. D'où des nouveaux indicateurs que sont : l'indice de développement humain et l'indicateur de bien-être.

L'indice de développement humain (IDH) mesure le niveau moyen atteint dans trois domaines :

  1. La santé et la longévité : Espérance de vie à la naissance, taux de mortalité, dépenses de santé, etc.

  2. L'accès à l'éducation : Niveau d'instruction de la population (lui-même repéré à partir de la durée de scolarisation des adultes et de la durée de scolarisation escomptée des enfants en âge scolaire)., formation des enseignants, taux d'alphabétisation, etc.

  3. Le niveau de vie : Revenu national brut par habitant, PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat etc.

l'indicateur de bien-être encore appelé l'indice « Vivre mieux » qui permet aux citoyens des pays de comparer leur bien-être en fonction de 11 critères :

1- Logement (Qualité et cout du logement) ; 2- Revenu (Revenu et patrimoine financier des ménages) ; 3- Emploi (Salaires, sécurité de l'emploi et chômage) ; 4- Liens sociaux (Qualité des liens sociaux) ; 5- Engagement civique (engagement démocratique) ; 6- Sécurité (meurtres et agressions) ; 7- Éducation ; 8- Environnement (qualité de l'environnement) ; 9- Santé ; 10- Conciliation travail-vie privée (Temps de travail et de loisirs) ; 11- Satisfaction (Bonheur quotidien).

Classé au troisième rang africain du revenu par habitant, avec un PIB s’élevant à 10 982 dollars par habitant, soit environ 5,5 millions de FCFA en 2012 par le Fonds Monétaire International (FMI) et 5 725 589,92 FCFA selon la banque mondiale, le Gabon des chiffres, contraste avec celui dans lequel vit le gabonais lambda qui continue de tirer le diable par la queue. Pourtant, les chiffres indiquent que le Gabon arriverait à la 6ème position africaine, avec un IDH de 0,674 devant l'Afrique du Sud dont l'IDH est de 0,629. Dans tous ce carnaval de chiffres, la réalité en matière de santé et de longévité, d'accès à l'éducation et du niveau de vie reflète autre chose à en croire au rapport du cabinet McHensy à qui "Mr J'AI DÉCIDÉ" lui-même aurait commandé une étude sur la pauvreté et la précarité au Gabon. Où est passée la honte chez les gouvernants ?

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