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Publié par Marcel DJABIOH

Il est plus que surprenant d'entendre les petits fonctionnaires se réjouir ici et là, de la prétendue équité dans le traitement des agents de la fonction publique, vantée par le gouvernement. Équité entre qui et qui, et comment ?

A ce qu'il semble, peu de petits fonctionnaires gabonais savent comment est calculée leur rémunération, de leur recrutement dans la fonction publique à leur départ en retraite. Ainsi, se réjouissent-ils de la promesse qui leur est faite, de compter désormais, parmi les bénéficiaires du fonds commun, quelque soit l'administration à laquelle ils appartiennent. Seulement, peu de ces prochains fonds-communistes se posent la question de savoir pour combien de temps, et quel en sera l'impact réel de cet avantage sur leur pouvoir d'achat si les prix continuent d'augmenter, surtout une fois admis à la retraite, après avoir rendu à l'état, de bons et loyaux services.

S'ils ne se posent pas ces questions fondamentales, pour comprendre que le salut du fonctionnaire ne se trouve ni dans les indemnités, ni dans les primes et autres accessoires, et qu'ils revendiquent la révision de la grille indiciaire et l'augmentation de la valeur du point d'indice, nombreux seront ces fonctionnaires qui, une fois retraités, rejoindront le rang des indigents, comme l'est Makaya depuis qu'il qu'il compte parmi les "Maltraités".

En effet, Monsieur Makaya, en service au ministère des finances pendant 32 ans, ne fut intégré à la fonction publique, que six ans après son embauche, à l'age de 28 ans. Son salaire de base le plus haut de toute sa carrière fut de 180 000 fcfa, auxquels s'ajoutait une solde de base spécialité de 22 000 fcfa, une prime de logement de 100 000 fcfa, une prime de transport de 30 000 fcfa et des fonds communs de 150 000 fcfa/trimestre. Soit un revenu brut mensuel de 180 000 + 22 000 + 100 000 + 30 000 + 50 000 = 382 000 fcfa. De ce montant sont retirés l'irpp, la retraite, la taxe complémentaire et la cnamgs pour un total d'environ 30 000 fcfa/mois. Son revenu mensuel net fut donc de 382 000 - 30 000 = 352 000 fcfa.

Marié, père de 4 enfants dont 3 filles et un garçon, et tuteur de deux orphelins laissés par sa défunte sœur unique dès l'age de 2 et 4 ans. Parti d'une maison qui lui revenait à 160 000 fcfa/ mois, Il habite Bangos depuis 20 ans, là où il a pu trouver une maison de trois chambres, un salon, une cuisine et une salle de bain. Elle lui coute 120 000 fcfa/mois sans compter les charges (eau et électricité) qui lui reviennent en moyenne à 60 000 fcfa/mois. Pour se rendre à son lieu de travail, il dépense en moyenne 31 000 fcfa/mois. Ces charges défalquées de son revenu mensuel, il lui reste 140 000 fcfa pour assurer la popote de sa maisonnée, les frais de scolarité des enfants et des neveux dont trois sont à l'UOB, leurs frais de transport, l'habillement, la santé et autres, sans oublier sa femme, titulaire d'un CAP en dactylographie mais sans emploi. Dans tous les cas, il faisait tout pour s'organiser avec ses 352 000 par mois bien étant dans l'impossibilité d'épargner pour entreprendre.

Parvenu à l'age de faire valoir ses droits à la retraite, Combien Makaya touche-t-il par mois comme pension, n'ayant plus droit aux primes, aux indemnités et au fonds commun, sachant que la pension retraite n'est plus payée trimestriellement mais mensuellement ?

Les petits fonctionnaires gabonais ont intérêt à bien réfléchir, avant de soutenir des reformes qui les mettront demain, dans la situation de Makaya qui passe sa retraite dans des conditions qui ressembleraient celles-ci.

Salaire de base + Fonds commun + indemnités = combien à la retraite ?

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