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Publié par Marcel DJABIOH

Avant de parler d'élection, quand est-ce qu'on remet ça sur la table ?

Il y a de cela huit ans, El Hadj Omar Bongo Ondimba, alors président de la République, chef de l'Etat recevait, un 25 mai de l'année 2006 au palais de la présidence de la République l'ensemble de la classe politique gabonaise. Cette rencontre était l'aboutissement du dialogue politique initié à l'occasion de l'audience qu'il avait accordée le 7 Octobre 2005 à l'opposition, à la veille de l'élection présidentielle. Elle faisait donc suite aux travaux qui avaient réuni la classe politique nationale regroupant les partis de la majorité présidentielle et de l'opposition, à Libreville, du 12 au 24 mai 2006, à l'immeuble Arambo

Ces travaux qui avaient été dirigés par le Premier ministre de l'époque, Jean Eyéghé Ndong qui avait reçu mandat d'Omar de poursuivre le dialogue politique avaient à l'ordre du jour des travaux, les huit points ci-après:

1/ Le fichier électoral;

2/ Le bulletin unique;

3/ Le retour au scrutin à deux tours;

4/ La remise des procès-verbaux des résultats électoraux aux représentants des candidats;

5/ Le collège électoral unique;

6/ Le réaménagement de la CNE dans son organisation et son fonctionnement;

7/ Le libre accès de l'opposition aux médias publics;

8/ Le financement des campagnes électorales et le plafonnement des dépenses.

A la suite de l'examen de ces huit points, la classe politique avait soumis le rapport à l'arbitrage d'Omar, qui avant de se prononcer sur les différents points, s'était félicité du sens aigu de responsabilité des acteurs politiques de notre pays et de leur esprit hautement républicain. Aussi, avait-il donc reconnu, la pertinence des conclusions auxquels était parvenue la classe politique gabonaise et son souci de préserver la cohésion sociale en privilégiant l'intérêt supérieur de la nation, plutôt que les intérêts partisans.

Si de ces huit points qui avaient obtenu l'accord d'Omar, certains furent immédiatement appliqués, à l'exemple de : 1- La remise des procès-verbaux des résultats électoraux aux représentants des candidats ; 2- le collège électoral unique et 3- le réaménagement de la CNE dans son organisation et son fonctionnement qui a donné naissance à la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanent (CENAP), l'on peut déplorer pour le constater, que les cinq (5) autres sont restés lettres mortes. A ceux-ci peuvent être ajoutés d'autres et le tout mérite bien d'être remis sur la table, avant de parler d'élection présidentielle en 2016.

  1. Le fichier électoral biométrique
  2. L'authentification des électeurs
  3. Le bulletin de vote unique
  4. Le scrutin à deux tours
  5. La durée et la limitation des mandats
  6. La réorganisation de la Commission Nationale Electorale Autonome et Permanente et sa composition
  7. Le libre accès de l'Opposition aux média publics
  8. Le financement des campagnes électorales et le plafonnement des dépenses
  9. Le redécoupage des circonscriptions électorales
  10. La révision du code électoral
  11. Le mode de désignation des membres de la Cour Constitutionnelle et la redéfinition de son rôle dans le processus électoral, et bien d'autres.

Sous l'impulsion de l'opposition réunifiée, tous les acteurs politiques de notre pays, sans exception, auxquels se joindrait ceux de la société civile, dans une atmosphère cordiale, responsable, fraternelle et républicaine, devraient se retrouver autour d'une même table, non pas pour négocier, mais pour s'accorder sur les principes les plus fédérateurs et rassembleurs à mettre en place au service de la paix, de l'unité dans la diversité et du renforcement de la démocratie dans notre pays, pour son développement en toute sérénité.

Omar n'étant plus de ce monde, tous les gabonais savent et sont convaincu que le pouvoir actuel, qui ne s'exprime que par l'arrogance et la force qui frisent l'irresponsabilité, ne pourra jamais initier pareilles assises, inconscient de la grande fissure sociale qui divise aujourd'hui les gabonais en deux camps qui se regardent désormais en chiens de faïence.

Quoi que l'on pense ou dise, cette division que certains semblent vouloir renier est bien visible et reste une bombe susceptible d'exploser au moment le plus inattendu si nous n'y prenons garde. Et l'opposition, si elle est véritablement animée d'un esprit républicain, avant de se disputer sur le sujet secondaire de la candidature unique, devrait avant tout, remettre sur la table dès maintenant, les problèmes de fond qui minent le processus électoral et bloquent l'alternance dans notre pays. Le pouvoir doit plus que jamais être placé face à sa responsabilité de préserver l'unité nationale et le peuple gabonais de tous les dommages que pourraient entrainer le statuquo qu'il se plait d'entretenir, croyant tenir-la, la clé d'un succès garanti pour 2016.

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