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Publié par Marcel DJABIOH

Imposer le "Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple"

Dans un précédant article, nous rappelions que selon l'alinéa 7 de l'article 2 de la Constitution, le principe de la République Gabonaise est : "Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple". Ce principe qui renvoie à la définition du mot "Démocratie" indique donc que le peuple Gabonais a fait le choix de constituer une société démocratique et imposé à chaque citoyen, une obligation Constitutionnelle de veiller au respect et à l'application des principes fondamentaux qui sous-tendent ce système de gouvernement, comme le dispose l'alinéa 21, article premier de la Constitution. "Chaque citoyen a le devoir de défendre la patrie et l’obligation de protéger et de respecter la Constitution, les lois et les règlements de la République ".

Pour n'avoir pas respecté cette disposition qui prescrit à chaque citoyen, le devoir de défendre la patrie et l'obligation de protéger la Constitution, le peuple gabonais dans sa majorité, a laissé une minorité violer allègrement cette obligation et détruire le principe républicain du "Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple", au moyen des multiples révisions dont le seul but n'a été que celui d'instaurer en toute légalité, une oligarchie (un pouvoir exercé par un petit groupe de privilégiés qui se distinguent des autres par leur richesse, leur filiation et une armée à leurs ordres), et renforcer les pouvoirs d'un dictateur placé à leur tête. Lorsque Mr Zacharie Myboto, encore député du groupe parlementaire PDG s'opposa en 2003, à la modification de l'article 9 de la constitution qui limitait le mandat du Président de la République à 7 ans renouvelable une fois, il n'obtint ni le soutien du parlement, ni celui du peuple qu'il représentait à l'assemblée. Lorsque Ali'9 Mr J'ai décidé, décide pour la énième fois, de réviser de la constitution à la mesure de ses ambitions pouvoiristes, et que Me Paulette Oyane Ondo, Christophe Owono Nguéma alors députés PDG et le groupe parlementaire des forces du changement s'y opposent, à l'exception des militants de l'Union Nationale, la majorité du peuple gabonais, plutôt que se soumettre à son obligation de protéger la Constitution est restée passive comme à son habitude.

Or, il n'y a pas démocratie dans une société composée en majorité de citoyens passifs (spectateurs du jeu politique). Un pays n’est pas démocratique par le simple fait qu'il dispose d'un gouvernement élu ou nommé et d'un système d’institutions locales et nationales qui fonctionnent au gré du pouvoir en place. La démocratie ne se décrète pas, elle s'arrache et doit être maintenu et consolidé en permanence. Elle n’est pas qu'un ensemble de textes, avec de simples procédures et certains mécanismes. Il ne suffit donc pas de l'avoir inscrit dans une Constitution, d’avoir trois prétendus pouvoirs séparés, ni d’avoir des citoyens prêts à se présenter et à voter lors des élections, ni qu’un chef d’Etat, un député, un sénateur ou un maire soit élu tous les cinq ou sept ans, ou qu’il existe plusieurs partis politiques, etc.

Plus qu'un simple slogan, la démocratie est un mode de pensée et de comportement ; une culture dont s’imprégner chaque citoyen et être assumée par l’ensemble de la population et par l’ensemble des acteurs politiques. Elle ne peut être instaurée et consolidée que si elle représente une conviction partagée par tous les membres de la société. C'est seulement à ces conditions que les citoyens qui veulent d'un pays véritablement démocratique, peuvent voir celui-ci se doter de pouvoirs locaux et nationaux forts et indépendants, d'une société civile épanouie, responsable et active partout et dans tous les domaines. Ainsi, la démocratie ne peut fonctionner efficacement et servir les intérêts des citoyens que si les individus qui composent une société, conscient de leurs droits, des devoirs et obligations de l'état envers eux, contrôlent en permanence les actions de leurs gouvernements, formulent des exigences et exercent des pressions jusqu'à satisfaction. D'où la nécessité pour les partis politiques, les syndicats et autres organisations non gouvernementales (ONG), de jouer l'important rôle qu'est le leur, en militant, en éduquant et en mobilisant l’attention de tous, sur les grandes questions d’intérêt général, et en œuvrant pour la promotion des principes démocratiques dans les écoles, les lycées, les universités, les lieux de travail, afin de cultiver la pratique à tout moment et partout et former les citoyens à la surveillance du comportement des gouvernements et des autres instances dirigeantes.

Lorsque les citoyens d'un pays arrêtent d'être passifs et deviennent actifs, ils ne laissent plus le pouvoir se donner le droit de bafouer leur souveraineté et les principes démocratiques. Ils se transforment en moteurs et en puissants vecteurs du changement et de l'alternance pour un pays plus démocratique où le "Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple" s'impose par l'exercice de la souveraineté nationale, quelque soit la résistance et la puissance du pouvoir en place.

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