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Publié par Marcel DJABIOH

#gabon: GABON : Assassinat de Mboulou Beka, Imboglio politico-judiciaire

Le mercredi 14 janvier 2015 à 18h, à la paroisse St Jean-Baptise de Nzeng-Ayong, à Libreville, la famille de feu Mboulou Beka organisait une messe en la mémoire de ce compatriote assassiné lors des événements du 20 décembre 2014. Si l'homélie livrée à l'assistance par Monseigneur Jean Bernard Asseko n'a laissé personne insensible, le véritable choc et venu du compte rendu de sa rencontre avec Mme Sidonie Flore Ouwé, Procureur de la République, près le tribunal de première instance de Libreville.

L'on se souvient que :

  1. Lors d'un point de presse, la famille de feu Mboulou Beka, au vu des marques trouvées par elle-meme sur le corps du défunt, accusait formellement l'ETA gabonais d'avoir lâchement assassiné leur membre
  2. Avant elle, c'est Bongo Ondimba II qui reconnaissait ce lâche assassinat.
  3. Quelques semaines plus tard, après la diffusion en boucle d'une vidéo montée par le pouvoir accusé pour se disculper, un curieux nouveau porte parole de la famille, accompagnant le premier ministre au domicile mortuaire, mettait en garde quiconque dans la presse ou les réseaux sociaux, continueraient de traiter du sujet de l'assassinat de Mboulou Beka car, affirmait-il, une plainte avait été déposée par la famille et l'enquête étant en cours, seule l'attente des résultats reste de mise. 4- A cette même occasion, Ona Ondo rassurait la famille de ce que tout était mis en œuvre pour la manifestation de la vérité pour faire triompher la justice.
  4. Le dimanche 11 janvier 2014, dans une interview accordée à RFI, Bongo Ondimba II, jouant à Ponce Pilate déclarait ceci :

- RFI : « Mais s’ils (les membres du Front) ne représentent rien tel que vous le dites, ils ne sont pas une réelle menace !»

- Bongo Ondimba II : « Ils sont une menace pour la sécurité des personnes et des biens. Parce que chaque fois qu’ils vont dans la rue, avec ce message de haine, c’est la casse, c’est la violence et d’ailleurs ça c’est terminé tragiquement par la mort d’un de nos compatriotes, qui contrairement à ce qui a été dit, n’a pas été tue par les forces de l’ordre. »

- RFI : «Par qui a-t-il-été tué ? »

- Bongo Ondimba II : « L’enquête est en cours ».

Or, c'est de la bouche de Monseigneur Jean Bernard Asseko qui, en sa qualité de frère aîné de feu Mboulou Beka, est allé rencontrer Mme Ouwé pour s'enquérir de l'état d'avancement de l'enquête, que les personnes présentes à la messe célébrée en mémoire du défunt compatriote, le 14 janvier 2014 à l'église St Jean-Baptise de Nzeng-Ayong apprennent à leur grand étonnement, qu'aux dires de Mme le procureur, l'enquête déclarée en cours par les autorités gabonaises en tête desquels, le chef de l'exécutif Bongo Ondimba II, a seulement été ouverte mais n'a jamais commencé. Motif avancé, elle n'avait encore rencontré aucun membre de la famille et ne pouvait diligenter aucune enquête, avant d'avoir autopsié le corps de la victime. Pourtant, avant de recevoir Monseigneur Jean Bernard Asseko, Mme le procureur venait de s'entretenir longuement avec Mr Célestin Ndong Ngoua sensé être le porte parole de la famille de Moulou Beka. Que faisait-il donc au bureau du procureur ce jour-là ? Bref.

C'est également à l'occasion de cette messe, que Monseigneur Jean Bernard Asseko, a informé l'assistance de la décision prise d'autorité par le parquet de la République, de faire procéder par un médecin légiste commis par lui, à l'autopsie du corps de feu Mboulou Beka le lundi 19 janvier, à 10h, en présence des représentants de la famille, qui pour la manifestation de la vérité, sont autorisés de recourir à l'assistance d'un médecin légiste de leur choix, pouvant faire office de contre expert. Mais grande fut la surprise de Monseigneur, d'enregistrer du procureur de la République, un refus catégorique d'accepter la présence à cette autopsie, du Dr Ndzigue Mba, médecin légiste choisi par la famille, menaçant même de jeter ce dernier en prison, si d'aventure il s'y pointait. Une attitude que ni la famille, ni les personnes venues assister à la messe du 14 janvier ne comprennent et suscite plusieurs interrogations.

  • A quoi avait-il servi de faire appel à Mme Liliane Flore Pemba, médecin légiste qui autopsia le corps de Mboulou Beka le jour même de son assassinat, si c'est pour entendre le procureur de la République déclarer que l'enquête ne pouvait démarrer avant l'autopsie ?
  • L'enquête n'ayant jamais été menée jusqu'à nos jours, sur quoi c'est donc basé Bongo Ondimba II, pour affirmer sur les antennes de RFI, que le compatriote Mboulou Beka n'a pas été assassiné par les forces de l'ordre, tout en indiquant que "l'enquête est en cours" ?
  • Pourquoi Mme Sidonie Flore Ouwé refuse-t-elle que l'expertise du Dr Dr Ndzigue Mba, médecin légiste choisi par la famille, pour plus d'objectivité quand à manifestation de la vérité sur les circonstances et la cause de la mort de Mboulou Beka ?

Autant de questions qui laissent libre cours à toutes interprétations et font dire à certains, que le pouvoir tente de dissimuler la vérité et que le dossier de l'assassinat de ce jeune compatriote pourrait subir le même sort que ceux de plusieurs autres victimes du pouvoir pdg, restés sans suite. Dans tous les cas, selon la famille de Mboulou Beka, elle n'entend pas céder à quoi que ce soit, tant que la Lumiere n'aura pas été faite sur ce lâche assassinat de leur parent et la justice rendue.

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