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Publié par Marcel DJABIOH

Ona Ondo chez la famille de Mboulou Beka
Ona Ondo chez la famille de Mboulou Beka

Le 20 décembre 2014, suite à une répression disproportionnée des forces au service du pouvoir sur des populations non armées, un compatriote complètement anonyme jusqu'à cette date, est assassiné à l'échangeur du PK 5, dans le 2ème arrondissement de Libreville. Ce lâche assassinat qui fera sortir Bruno Mboulou Beka le parfait inconnu de son anonymat, plongera la majorité des gabonais dans une profonde consternation, à l'exception des émergents qui pour opposer les populations au Front Uni de l'Opposition pour l'Alternance, useront de manoeuvres purement politiciennes, pour manipuler l'opinion avec un montage vidéo de piètre facture qui n'aura convaincu personne. Pour le commun des gabonais, après les assassinats de Port-Gentil en septembre 2009, celui-ci en était un de trop. D'où leur élan de solidarité envers la famille pour la manifestation de la vérité et la justice.

Ce compatriote, selon plusieurs témoignages concordants, n'étant pas l'unique victime de cette violence d'état, le Front Uni de l'Opposions pour l'Alternance, sous la pression de la population et des accusations portées contre lui par le pouvoir, a sollicité une enquête internationale pour faire la lumière sur ces événements. Entre temps, brisant son silence, la famille du défunt, qui ne supportait plus la récupération politique de cet assassinat par le pouvoir qui faisait tourner en boucle une vidéo mensongère, a dans un point de presse lu par un de ses patriarches porte parole, révélé à l'opinion, que certains membres de la famille, informés au moyen du téléphone de la victime par un gendarme, de ce que le corps de Bruno Mboulou Beka se trouvait dans une maison de pompes funèbre, s'y sont rendus, et ont fait le constat accablant d'un trou sur le front de leur fils, caché avec une pochette à jeter. C'est fort de ce constat que la famille, dont certains membres étaient en compagnie de BMB au moment des faits, ont désigné pour responsable N° 1, l'Etat gabonais et exigé la manifestation de la vérité avant l'inhumation de notre compatriote.

Dès cette date, la famille de Bruno Mboulou Beka verra la quiétude de son recueillement perturbé par des agissements de tous ordres, allant du harcèlement aux menaces, en passant par un trafique d'influence émanant des proches du pouvoir. Ce qui finira par aboutir à une visite d'Ona Ondo à la famille du défunt, sous les objectifs des caméras de la rtpdg, flanqué d'un tout nouveau porte parole de la famille, dont le lien direct avec la victime reste à démontrer. Dans un propos dont la teneur ne peut tromper personne, ce tout nouveau porte parole circonstanciel venu faire son show devant l'émissaire de Bongo Ondimba 2ème et les caméras mobilisées à cette propagande aux allures de récupération politiciennes, a osé mettre en garde, les réseaux sociaux et les médias qui s'aventureraient à communiquer sur l'assassinat du jeune compatriote, mort lors d'une manifestation contre la violation des libertés publiques et le droit pour toute personne à la liberté de réunion par le pouvoir, et non par accident de la circulation ou suite à un braquage. Pendant que nous y sommes, que faisait-ils, Ona Ondo et lui, devant les caméras, au domicile de la famille endeuillée, tournant leur film diffusé sur leurs chaînes de télévision et les réseaux sociaux ? Pourquoi n'avoir pas interdit la diffusion de leur sketch par ces médias ?

Non messieurs, c'est trop facile de vouloir placer une sourdine sur l'assassinat d'un jeune compatriote mort lors d'une répression violente et disproportionnée de la force publique, au fallacieux prétexte du respect de sa mémoire, pendant qu'on s'en sert à des fins purement politiciennes. Le seul et vrai respect de la mémoire de feu Bruno Mboulou Beka sera et reste la manifestation de la vérité et la justice rendue à sa famille et aux gabonais, car la présence du premier ministre au domicile funéraire, mandaté par le chef de l'exécutif, demontre que l'assassinat de notre compatriote, loin d'être une affaire privée, est une affaire nationale. De ce fait, le droit d'en parler ne saurait être réservé aux seuls tenant du pouvoir et leurs médias. Tant que la lumière ne sera pas faite sur les circonstances de cet assassinat et les auteurs jugés et condamnés, en soutien à sa famille, personne ne se taira. Trop de crimes étouffés par le pouvoir sont restés sans suite. Ça suffit comme ça.

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