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Publié par Marcel DJABIOH

#gabon: Quand la présidence de la République est incapable d'assumer ses erreurs

Prendre des décisions sur un coup de tête pour ensuite accuser l'opposition, particulièrement le Front, relève d'un manque de courage d'assumer ses responsabilités. Et le pouvoir qui semble prendre les gabonais pour des imbéciles, n'a plus d'autre bouc émissaire que le non événement du Frront de l'Opposition pour l'Alternance, qu'il tente de présenter comme étant le diable.

Lorsque Bongo Ondimba II décide de supprimer le fonds commun pour instituer la Prime d'Incitation à la Performance, c'est à ses copains qu'il se référé, au point de jouer au têtu malgré l'opposition manifestée par les agents des régis financières rentrés en grève. Résultat, ses copains et lui se retrouvent à la payer avec un trimestre de retard, sans pouvoir expliquer où sont passés les milliards prévus par le budget 2014, pour liquider la PIP du dernier trimestre.

Alors que son gouvernement joue au chat et à la souris avec les syndicats depuis 2013 en prenant des engagements qu'il n'honore pas, le petit prince pense qu'il est temps de jouer à l'homme de dialogue. Il convoque les partenaires sociaux au palais rénovation pour un monologue et les jette dans les bras de son premier ministre pour des assises dont l'un des points était porté sur le nouveau système de rémunération.

Pendant que ces derniers sont en plein travaux, Mr J'ai décidé, déclare dans son discours de nouvel an, « L’absence de vision et d’objectifs dans la gestion de la rémunération de l’agent public depuis plus de 20 ans, a eu pour conséquence la déstabilisation de la cohérence du système. Ce qui s’est traduit par un accroissement de la masse salariale résultant de l’augmentation des accessoires de solde, au détriment du socle du système qu’est la solde de base. Cet état de choses a pour autre conséquence, la faiblesse des pensions que touchent nos compatriotes admis à faire valoir leurs droits à la retraite, aggravant ainsi la population qualifiée d’économiquement faible.

C’est pour corriger tous ces dysfonctionnements que j’ai convoqué et mis en place depuis le 17 novembre 2014, une commission ad hoc placée sous l’autorité du Premier Ministre. Sans attendre les conclusions qui me seront présentées, j’ai engagé le gouvernement à mener des réformes visant à mettre en place, à partir de janvier 2015 :

- Un nouveau système de gestion de l’agent public ;

- Des cadres organiques de l’administration publique ;

- Un nouveau système de rémunération de l’agent de l’Etat.

(…) Je n’accepte plus de voir des pères et mères de familles angoissés par la perspective d’un départ à la retraite qui les plongerait dans la précarité. Le nouveau système que je préconise permettra de revaloriser la rémunération de l’agent public et par conséquent sa pension de retraite. »

Suite à dette déclaration, qui a pris de cours les commissaires en travaux à Angoundjé, tous les fonctionnaires attendent de voir à quoi ressemblera leur salaire du mois de janvier 2015. Malheureusement, au 25 de ce mois il n'y a rien ; alors que le rapport des travaux de la commission ad-hoc sont déjà sur sa table de travail. C'est alors que les syndicats réunis au sein de la Dynamique Unitaire, convoquent une AG qui opte pour le dépôt des préavis de grève que l'exécutif décide de mépriser. Le 09 février 2015, ces derniers entre en grève.

Est-ce le Front qui a demandé au petit prince devenu roi, lui qui de son propre gré, a mis en place le 17 novembre 2015, une commission ad hoc placée sous l’autorité de son Premier Ministre et dont les travaux se sont achevés courant janvier, d'attendre le 06 mars pour se retrouver face aux syndicats pour leur dire : « Je voudrais insister pour demander aux syndicats de reprendre le travail. Comme je l’ai dit, moi je n’ai pas peur de négocier et il ne faut pas négocier dans la peur mais surtout je ne veux pas négocier sous la contrainte. (…) je ne peux pas rester insensible et voir les parents qui ont engagé financièrement leurs ressources pour envoyer leurs enfants à l’école parce que tout ce qu’ils ont comme espoir c’est que ces derniers puissent étudier et réussir dans leur vie comme nous tous présents dans cette salle. Il n’est pas question de briser cet espoir-là. Je n’accepterai pas cela. Que l’on ne mène pas les enfants dans ces choses-là. Je ne peux l’accepter tout comme aucun parent » ??? Arrogance quand tu nous tiens !

Après cette copieuse engueulade, il les renvoie négocier avec son gouvernent. Seulement, les conclusions de ces pseudo-négociations ne trouvent pas l'assentiment de la base des syndicats qui les rejette et opte pour la poursuite de la grève. Est-ce le Front qui a manipulé tous ces fonctionnaires réunis en assemblée générale ?

Il faut avoir le courage d'assumer ses erreurs, sinon, foutez tous le camp avec votre légion, c'est mieux pour le Gabon.

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