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Publié par Marcel DJABIOH

#Gabon : Bongo Ondimba II entre confusion, despotisme et autoritarisme

Par son acte et sa déclaration devant les parlementaires du Parti Démocratique Gabonais, celui qui est président au Gabon vient pour la énième fois de marcher sur la Constitution. Son cours de droit constitutionnel aura été tout sauf l'esprit dans lequel la loi fondamentale fixe les rapports entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif en son titre quatre (IV), qui y consacre vingt et un (21) articles.

Lors de son entrée en fonction, le petit prince devenu roi avait prêté solennellement le serment ci-après, devant le Parlement, et la Cour Constitutionnelle, la main gauche posée sur la Constitution, la main droite levée devant le drapeau national :

" Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du Peuple Gabonais, en vue d'assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et 1'Etat de Droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d'être juste envers tous."

« de respecter et de défendre la Constitution et l'Etat de Droit », Bongo Ondimba II n'en que cure et pense que la fonction de Président de la République lui donne également la qualité de juge constitutionnel, le seul à qui la Constitution confie la charge d'arbitrer les conflits entre l'exécutif et le parlement, la majorité parlementaire et l'opposition, par son rôle de régulateur du fonctionnement des Institutions et de l'activité des Pouvoirs Publics, comme le dispose plusieurs articles 83 de la Constitution, à l'exemple des articles 56 et 83. Manifestement, l'homme se sent vraiment omnipotent !

En s'attribuant le droit de convoquer les cinq sixième (5/6) du parlement au palais de la Présidence de la République pour leur dicter sa lecture erronée des rapports entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, Bongo Ondimba s'est comporté en véritable despote, abusant de son autorité pour tenter de faire faire au parlementaires PDG, ce qui du point de vue de la Constitution est contraire à l'esprit de celle-ci. Pourtant, il a solennellement juré de la respecter et de la défendre. Aucune disposition ne l'y autorise, étant donné qu'il a lui-même choisi de les recevoir non pas dans un cadre réservé à leur parti politique, mais comme il l'a dit, « dans un cadre institutionnel différent », celui réservé au chef de l'exécutif. En rappelant aux parlementaires que leur action « se situe dans une double exigence républicaine et démocratique », Bongo Ondimba II n'a certainement pas compris que sa démarche était anticonstitutionnelle, étant entendu qu'en son article 24, la Constitution fixe les modalités d'une telle rencontre en disposant que : « Le Président de la République communique avec chaque chambre du Parlement par des messages qu'il fait lire par le Président de chacune d'elles. A sa demande, il est entendu par les chambres du Parlement réunies en congrès.

Ces communications ne donnent lieu à aucun débat. Hors session, chacune des chambres est convoquée spécialement à cet effet ».

La convocation des deux chambres n'est nullement synonyme d'une audience publique accordée aux parlementaires dans les locaux du palais de la Présidence de la République, fussent-ils pédégistes ; mais de la convocation d'une session spéciale, les réunissant en congrès au siège de l'une des chambres, comme ce fut le cas en septembre 2012. En déniant leur élection au suffrage universel, qu'il a lié au fait de son sceau à l'investiture des candidats de son parti, « Mr j'ai décidé » aurait-il voulu dévoilé aux gabonais que les élus PDG ne le sont que par son bon vouloir et par celui du peuple ? Certainement, car comment comprendre qu'il se soit permis de leur dicter une conduite, quand l'article 39 de la Constitution qu'il a solennellement juré de respecter et de défendre dispose que : « Tout mandat impératif est nul » ? Tout porte à croire que pour Bongo Ondimba II, le droit d'amendement, les commissions d’enquête et de contrôle, la motion de censure, le refus de confiance au premier ministre, ne peuvent et ne doivent être exercés que par les parlementaires de l'opposition, les autres n'étant réduits qu'à un rôle d'accompagnateurs du gouvernement !

Mais diantre ! De quelle démocratie et de quel état de droit nous parlent donc Bongo Ondimba II et ses émergents, dans tous leurs discours ? Finalement tout est perdu avec l'émergence, et aucun espoir de démocratie au Gabon n'est permis. Il ne reste au peuple que le droit d'en tirer les conclusions qui s'imposent, car le Gabon n'a pas le droit de reculer à l'année 1968 qui consacra le monopartisme.

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