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Publié par Marcel DJABIOH

#Gabon : Il faut savoir quitter les choses avant qu’elles ne vous envoient à la CPI

Aujourd’hui tous les Gabonais sans exception, y compris Bongo Ondimba II lui-même qui l’a confirmé sur les antennes de RFI, s’accordent à reconnaitre ;

  • Que l’acte de naissance ayant figuré dans le dossier de candidature du petit enfant-là à la présidentielle anticipée du 30 août 2009 était un faux.
  • Que du fait de ce faux et usage de faux il y a eu parjure. C’est-à-dire que le monsieur a violé le serment contenu dans la « déclaration sur l’honneur » signée par chacun des candidats à cette élection.
  • Que par ce parjure, il s’est crânement foutu de la République et du peuple gabonais.
  • Que cet acte blâmable est impardonnable.

Par conséquent, ces faits constatés et démontrés, l’auteur de ce parjure, aurait dû être sanctionné par les institutions de la République. Sous d’autres cieux, à défaut de démissionner de son propre chef, c’est le peuple souverain qu’il aura trompé pour parvenir au sommet de l’Etat qui se serait chargé de le pousser à la démission, à défaut de le chasser du pouvoir usurpé.

Or, l’on constate avec tristesse, la forfaiture des institutions de la République qui, pour n’avoir pas eu le courage de sanctionner l’indélicat, l’incitent à se foutre une seconde fois du peuple gabonais, de la République et de sa Constitution, en envisageant de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Cette idée qui prend forme jour après jour appelle à quelques interrogations.

  1. Quel vrai acte de naissance Bongo Ondimba II joindra-t-il à son dossier de candidature et pourquoi avoir usé d’un faux, alors qu’il était détenteur d’un vrai ?
  2. Si comme cela est prévisible, la CENAP et la Cour Constitutionnelle à lui soumis validaient son dossier, peut-on être certain que le peuple souverain et complètement exaspéré, se laissera abuser une nouvelle fois au vu et au su de tous ?

D’un entretien privé entre le Ministre de l’intérieur de Bongo Ondimba II et un des frères cadets de M. Léon Paul Ngoulakia l’on apprend que de la bouche du ministre, seraient sorties des phrases comme celles-ci.

« Aucun opposant ne pourra être élu tant que je serai Ministre de l’intérieur… »

« En politique si les intérêts du pouvoir sont menacés… »

L’on comprend aisément ce qu’a voulu dire Bongo Ondimba II, lorsque dans son dernier discours à la nation il a affirmé que : « La réalisation du Gabon émergent a besoin de changement, de changements profonds fondés sur des valeurs positives et l’égalité des chances. (Même lors des élections. Ndr) Certes, à ce jour, il y a plusieurs résistances au changement préconisé. Certaines sont le fait de compatriotes de bonne foi, (…) ; les autres sont le fait de compatriotes qui ont simplement peur de perdre leurs privilèges ». Tel doit être le cas de ce Ministre de l’intérieur et avec lui, d’autres membres de la cour du petit prince devenu roi.

La gravité des propos tels que ceux-là si cela est avérés, tenus par un Ministre dit de la République en charge de la sécurité des Gabonais donnent froid au dos et révèlent la volonté du pouvoir, d’opérer un énième passage en force en se servant des institutions et des forces de sécurité et de défense d’une part, de même que l’intention de réprimer violemment toute protestation populaire contre une éventuelle candidature de Bongo Ondimba II, où suscitée par la proclamation de faux résultats électoraux le déclarant vainqueur de la prochaine présidentielle par le Ministre de l’intérieur et validés par la Cour Constitutionnelle d’autre part. Cela corrobore la déclaration de Bongo Ondimba II dans son discours du 31 décembre 20015, lorsqu’il dit : (Je vous invite) « le moment venu, à accomplir votre devoir civique en toute quiétude et responsabilité ; en rejetant ce qui peut remettre en cause la paix et la sécurité de tous. J’y veillerai personnellement. »

Que pourrait-on entendre par ce « J’y veillerai personnellement », si ce n’est qu’en sa double qualité de chef de l’exécutif et de chef suprême des forces de sécurité et de défense, il veillera à ce que le Ministre de l’intérieur ne proclame aucun opposant élu, et que comme en septembre 2009, toute tentative de protestation ou de sa candidature, ou de la victoire qui lui sera attribuée sera sévèrement réprimée ? Autrement dit, c’est de cette manière qu’il compte préserver les Gabonais de tout dommage et veiller à la paix. Mais qui diantre lui aurait appris que la paix se préserve par les armes plutôt que par le dialogue et la soumission à la volonté du peuple souverain qui pour des élections apaisées, n’a de cesse exigé la réforme des institutions qui les gèrent et proclament les résultats, ainsi que le retour aux scrutins à deux tours et la limitation du mandat du Président de la République etc. ? Si pour ce petit enfant-là et ses Ministres de l’intérieur et de la défense, il suffira de déployer les forces de sécurité et de défense sur le terrain pour imposer aux Gabonais la candidature pirate et/ou une victoire préfabriquée, il y a lieu de redouter une incitation à des violences civiles comme cela avait été le cas en 1993.

En effet, cette année-là, les porteurs des tee-shirts de campagne d’Omar Bongo furent copieusement molestés dans les quartiers de Libreville et de Port-Gentil, au point où on enregistra officiellement la mort par immolation, d’un certain Jean Marc Komo Kamgo, alias John Travolta, transformé en méchoui par des populations échauffées. Si d’aventure le scénario dramatique de 1993 venait à refaire surface, comment Bongo Ondimba II et ses deux Ministres en charge de la sécurité feront-ils pour empêcher les lynchages dans les quartiers et les bas-quartiers de certaines villes du Gabon ? Serait-ce de cette manière que le petit enfant-là entend comme il l’a déclaré le 31 décembre 20015, s’employer à « préserver la fraternité, la paix et l’unité nationale, chères aux pères fondateurs de la Nation » qui n’ont réussi à le faire que grâce à leur esprit d’ouverture au dialogue ?

Le peuple gabonais est certainement pacifique voir passif, mais on l’a vu plus d’une fois devenir intraitable et incontrôlable. Aussi, devant la gravité des effets que pourraient entrainer l’organisation d’une élection truquée d’avance, une révision des listes électorales dont la fiabilité est déjà contestée, la validation de la candidature de Bongo Ondimba II, ainsi que la proclamation de résultats le donnant vainqueur en cas de défaite comme le prévoit Pacôme Moubélé Boubéya, il vaudrait mieux pour Bongo Ondimba II, s'il aime vraiment le Gabon et tient à préserver la paix comme il le prétend toujours, qu'il quitte les choses avant que les choses ne l’envoient lui et beaucoup d'autres à la CPI, pour les dommages dont il n'aura pas préservé le peuple gabonais.

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