Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Marcel DJABIOH

 

Certains Gabonais, subitement convaincus de la bonne foi d'Ali Bongo et ses affidés, voient en son dialogue dinatoire auquel ils participeront, l'unique voie qui sortira le Gabon de la crise. Aussi, estiment-ils qu'il n'y a aucune raison de présager de ce qu'il en sera des résolutions adoptées lors dudit dialogue. Selon eux, elles seront appliquées à la lettre, ainsi que le stipule son règlement intérieur.
 
Cette argumentaire complètement puéril porte à croire que les participants à cette messe ont d'autres motivations que celle de trouver des solutions durables, à la grave et profonde crise multiforme dans laquelle la junte au pouvoir a plongé le Gabon dès le 31 août 2016.

Dans une publication datant du 15 mars 2017, les dialogueurs présents sur les réseaux sociaux étaient invités à donner aux Gabonais, des explications détaillées de l'article 22 du fameux règlement intérieur qui stipule que : 

" Du suivi-évaluation de la mise en œuvre des Actes

Fruits de leur volonté politique partagée, de leur consensus dynamique et de leur détermination, les parties prenantes, Majorité et Opposition, s’engagent à respecter les Actes du Dialogue Politique et à tout mettre en œuvre en vue de leur application intégrale.
Ces Actes reçoivent force obligatoire dès leur introduction dans l’ordonnancement juridique national, par l’adoption de textes législatifs (Constitution, lois organiques et ordinaires) et réglementaires (décrets, arrêtés et décisions), selon les procédures requises.
La Majorité et l’Opposition s’accordent, au cours de la phase politique, à l’issue des travaux en commissions thématiques, sur un cadre de suivi, à parité, et sur un chronogramme de mise en œuvre, dans les meilleurs délais, des Actes du Dialogue Politique."

Fait étonnant, pas un seul d'entre les dialogueurs n'a daigné s'essayer à cet exercice jusqu'à ce jour. Or en lisant cet article, on peut s'apercevoir que ce règlement intérieur semble avoir déjà été adopté par le seul comité ad-hoc et s'imposera à tous les participants, sans que ces derniers n'aient à l'amender. On peut également relève des détails qui ne sont pas de nature à rassurer quant à la prétendue ' force obligatoire " que recevraient les actes de ce dialogue et qui suscitent quelques interrogations.

1- " Fruits de leur volonté politique partagée, de leur consensus dynamique et de leur détermination, les parties prenantes, Majorité et Opposition, s’engagent à respecter les Actes du Dialogue Politique et à tout mettre en œuvre en vue de leur application intégrale."
L'alinéa 1 exclu les associations, les Organisations Non Gouvernementales et les personnalités politique indépendantes. Les seules parties prenantes engagées par les " fruits de leur volonté politique partagée, de leur consensus dynamique et de leur détermination " sont la majorité (le pouvoir) et l'opposition. Question : Que vont donc faire les associations et les ONG à ce diner ?
 
2- " Ces Actes reçoivent force obligatoire dès leur introduction dans l’ordonnancement juridique national, par l’adoption de textes législatifs (Constitution, lois organiques et ordinaires) et réglementaires (décrets, arrêtés et décisions), selon les procédures requises."
L'alinéa 2 est on ne peut plus clair. Il indique bien que le dialogue dinatoire terminé, les actes qui en sortiront n'auront force de loi que lorsqu'ils seront adoptés par les institutions dont la junte détient les leviers de contrôle. c'est à dire, le Conseil des ministres, le Conseil d'Etat, le Parlement et la Cour Constitutionnelle. Question : De quels moyens disposeront les dialogueurs de la partie dite de l'opposition, pour empêcher aux putschistes de pervertir ces actes ?
 
3- " La Majorité et l’Opposition s’accordent, au cours de la phase politique, à l’issue des travaux en commissions thématiques, sur un cadre de suivi, à parité, et sur un chronogramme de mise en œuvre, dans les meilleurs délais, des Actes du Dialogue Politique."
 
Question : Suffirait-il pour  les dialogueurs de la partie dite de l'opposition, de signer avec le camp des militaro-putschistes, un accord de mise en place d'" un cadre de suivi, à parité, et d'un chronogramme de mise en œuvre, dans les meilleurs délais, des Actes du Dialogue Politique." pour se convaincre d'une stricte application des actes du dialogue dinatoire, par des individus qui ne respectent ni les accords internationaux, ni la Constitution et les lois de leur pays ?
 
C'est à croire que tout ce beau monde a oublié que le PDG détient la majorité dans les deux chambres du parlement, et que selon l'article 55 de la Constitution, " les membres du Parlement ont le droit d'amendement " !
Qu'est-ce qui empêchera au putschiste en chef d'utiliser son parlement et sa Cour Constitutionnelle, espèces sonnantes et trébuchantes aidant; pour choisir parmi les actes de son dialogue, ce qui est bon pour eux  ???
 
Ces messieurs et dames doivent se rappeler que comme au dans une secte, les parlementaires pédégistes ont prêté un serment de loyauté et de fidélité à leur distingué camarade président dont voici les contenus :
" Nous, Députés PDG à l'Assemblée Nationale, affirmons et réaffirmons, notre loyauté et fidélité au Président de la République, Chef de l'Etat, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, ainsi que notre attachement à la discipline et à la cohésion du Groupe Parlementaire PDG à l'Assemblée Nationale. "
 
" Nous, Sénateurs, Membres du groupe Parlementaire PDG au Sénat réaffirmons notre soutien sans réserve, notre fidélité, notre loyauté à notre candidat le distingué Camarade Ali Bongo Ondimba et nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour lui assurer une victoire éclatante à la prochaine élection présidentielle "
 
Lors de leur dernière sortie d'avant dialogue, les députés PDG ont tenu à préciser que le dialogue dinatoire d’Ali " n’est qu’une réunion de partis politiques '. Pour eux, cette concertation n’étant pas une assemblée constituante, ses conclusions « devront passer par l’ordonnancement des tous les textes législatifs » pour être appliquées. En français facile, c’est le Parlement, où le PDG est super hyper-majoritaire, qui en fin de compte choisira dans les recommandations, ce qu'il y a à prendre ou à laisser.
 
Le diner étant servi, BON APPÉTIT A TOUS !
 

Commenter cet article