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Publié par Marcel DJABIOH

Dire que le dialogue est une pratique Bantu et ne pas en respecter la forme et le fond, que les vrais Bantu ont originellement fixés, c'est faire fausse route, et les résultats ne pourraient surprendre que le "Nyama" qui se prend pour un Bantu. Pour cause, chez les Bantu, les notables et les sages d'un village ne sont pas invités au corps de garde ou sous l'arbre à palabres pour des futilités. Ils ne le sont que pour des raisons de très haute importance, particulièrement lorsque celles-ci menacent l'équilibre sociétal ou opposent des membres de leur village. En général, ces assises ne sont convoquées, soit à l'initiative des notables, soit sur saisine de ces derniers par l'une des parties en conflit. Mais Jamais par une des parties directement concernée par le conflit. Ce qui ne semble pas être le cas du dialogue dînatoire d'Ali Bongo et de ses copains et coquins. Par conséquent, la forme étant faussée par le fait que celui qui convoque ce dialogue est lui-même partie en conflit, il va de soit que le fond manque de consistance et fasse place au superficiel. 
 
Ce superficiel, en dehors de faire de cette messe un marché de dupes, donne à celle-ci, toutes les caractéristiques d'une bourse des valeurs où au nom d'un peuple dont ils n'en ont que foutre, et sous prétexte de chercher à sortir le Gabon de la crise, permet tout simplement à une catégorie d'individus, d'afficher le coût pour lequel chacun d'eux se compromettrait afin de participer à une vaine manœuvre de légitimation d'un coup d'état militaro-électoral, dans des conditions personnelles de sécurité matérielle et financière satisfaisantes. Ceci, au mépris des assassinats, des disparitions, des tortures et des emprisonnements dont ont. Été interrompues par le pouvoir, 
 
En s'abstenant d'inscrire à l'ordre du jour de cette palabre, la cause réelle qui a plongé le village Gabon dans une crise profonde que le déni de réalité fait dire à Ali qu'il s'agirait d'une simple "querelle de famille", les organisateurs de cette foire ont vraisemblablement choisi d'esquiver le fond du problème. Or, à faux problème, fausse solution. 
 
Est-ce à cause du scrutin à un tour, du mandat présidentiel renouvelable à volonté, du découpage des circonscriptions électorales ou du code électoral qu'est née la crise que les dialogueurs tenteront de régler ? 
 
À occulter les vraies causes pour s'attaquer aux fausses, la crise restera entière, au risque de s'aggraver. C'est Ping qui a été élu par la majorité du corps électoral. Cette majorité réclame le respect de son vote et la vérité sur les évènements post-électoraux. Le reste n'est que diversion et fuite en avant.

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