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Publié par Marcel DJABIOH

A entendre les griots du dialogue national inclusif et sans tabou du putschiste en chef, on a l’impression d’avoir à faire à des simples caisses de résonance qui prennent leurs compatriotes pour des cancres.

Lorsqu’il leur est posée la question de savoir si le cadre de ce dialogue sera souverain ou pas, ils bottent en touche en faisant lecture d’un  « code de bonne conduite » approuvée et signée par on ne sait qui. Selon eux, la seule mention indiquant que  « les actes du dialogue nationale auront force exécutoire » et la mise en place d’un « comité de suivi », suffiraient à garantir l’application de toutes les résolutions qui en sortiront. C’est à croire que la commission ad-hoc aurait inventé quelque chose de nouveau, alors qu’il n’est un secret pour personne, que pour les précédents dialogues, les mêmes engagements avaient été pris et des comités de suivi mis en place. Est-ce sur une base aussi peu fiable, que ces messieurs et dames croient pouvoir sortir de cette messe avec des solutions qui règleront définitivement la crise multiforme et multi-sectorielle que traverse le Gabon ?

Parmi les thèmes qu’ils comptent aborder, figurent la réforme des institutions et la consolidation de l’état de droit et les réformes électorales. Ces réformes, qu’elles soient institutionnelle ou électorales ne seront possibles que suite à une modification préalable de la Constitution. Or, larticle 116 de la Constitution à modifier dispose que : « L'initiative de la révision appartient concurremment au Président de la République, le Conseil des Ministres entendu, et aux membres du Parlement. »

Face à cette disposition, comment les dialogueurs, comptent-ils s’y prendre pour réviser et adopter une nouvelle Constitution, si l’instance appelée à le faire n’est pas revêtue du sceau de la souveraineté et ne dispose pas du pouvoir constituant originaire lui permettant d’initier une révision de la Constitution ? Que feront nos opposants pragmatico-réalistes si d’aventure, s’appuyant sur l’article cité ci-haut, la Cour Constitutionnelle de Marie-Mado déclarerait le «dialogue national » incompétent pour réviser la Constitution ?

D’autre part, au nombre des réformes électorales, on les entend parler du redécoupage des circonscriptions électorales. Ce qui semble irréalisable avant la date limite de la tenue des prochaines législatives fixée par la Cour de Marie-Mado, au 29 juillet 2017. On sent bien là, une volonté à peine voilée de renvoyer l’organisation des élections législatives à une date ultérieure à celle arrêtée par la Cour Constitutionnelle. Quel pourrait alors être le nouveau cas de force majeure pouvant justifier ce report ?

 

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