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Publié par Marcel DJABIOH

Lorsque des dirigeants d’un pays sont un peu sérieux et ont un minimum de respect pour le peuple, ils ne prennent pas les décisions à l’emporte-pièce. La crise que traverse le Gabon à une origine bien connue de tous. C’est d’abord et avant tout la mauvaise gouvernance et la calamiteuse gestion des finances publiques, par une poignée d’individus qui en ont fait des fonds personnels en procédant à un pillage à la tractopelle, et non la seule chute du prix du baril de pétrole. Si tant est que le pétrole en serait la cause, pourquoi ce réveil brutal, juste au moment où le cours du baril de pétrole frôle la barre des quatre-vingt (80) Dollars et que les taxes ont pris l’ascenseur ?

Lorsque l’on respecte le peuple et qu’on veut lui faire supporter ses errements, il faut commencer par lui rendre des comptes avant de solliciter des sacrifices de sa part comme si on avait des sujets en face de soi. Une telle crise aurait mérité qu’on convoque des états généraux, afin que toutes les forces vives de la nation procédant à un examen approfondi de la situation, au lieu d’un séminaire entre coauteurs du pillage.  

Ce tableau permet de constater que :

  • jusqu’en 2015, période pendant laquelle le Gabon entre de plein pied dans une crise économique et financière que les émergents niaient honteusement en balayant d'un revers main, tous les avertissements et toutes les propositions émanant de l’opposition, la masse salariale cumulée des entités autonome, des institutions, de la défense et de la sécurité s’élevait à 119 447 598 000 F CFA.
  • Plutôt que de faire l’effort de stabiliser la situation à défaut de prendre des mesures pouvant permettre une réduction de ces charges, le gouvernement des émergents a au contraire opté pour une augmentation inexplicable des effectifs et de la masse salariale de ces entités,  passée de 119 447 598 000 F CFA en 2015, à 278 093 260 744 F CFA en 2016, soit près de 43 % d’augmentation.

Les plus favorisés dans l’ordre de grandeur seront :

  • La défense, passée de 65 067 840 000 F CFA  à 165 898 99154 F CFA ;
  • La sécurité, passée de 22 460 142 000 F CFA à 63 921 26890 F CFA ;
  • La présidence de république, passée de 8 371 749 000 F CFA à 15 919 73692 F CFA ;
  •  la primature, de 4 572 182 000 F CFA à 8 951 59836 F CFA ;
  • La cour des comptes, passée de 170 800 000 F CFA à 1 954 74771 F CFA, se tape 3 029 35136 F CFA en 2107 et une prévision de 3 146 320 178 F CFA en 2018 ;
  • La cour de cassation, passée de 136 078 000 F CFA à 2 684 72482 F CFA ;
  • Le Conseil Economique, Social et Environnemental, passé  de 958 095 000 F CFA à  1 057 47958 F CFA, et obtient une prévision de 1 316 694 040 F CFA dans le budget 2018 sensé être un budget de crise.

Chacun pourrait se livrer à une analyse de ce tableau comparatif pour se faire sa propre idée du désordre organisé et de ce qui s’est avéré primordial pour les autorités en place, au mépris des alertes lancées par l’Union Nationale et bien d’autres leaders d’opinion. En se débarrassant de quelques-uns de ses collaborateurs, le chef de la junte n’aura fait que verser une goutte d’eau chaude sur un glacier. Nous y reviendrons dans une prochaine publication.

Comme si aucune leçon n’a été tirée, la loi de finances rectificative 2018 fait apparaitre en prévision pour les Entités Autonomes, les Institutions, la Défense et la Sécurité, un plafond d’autorisation d’emplois de 34 751 agents, soit  32,89 % des effectifs de la fonction publique, absorbant une masse salariale de 218 596 316 796 F CFA, soit 34,11 % de la masse salariale totale.

Au regard des éléments de ce tableau et bien d’autres, inscrits dans la loi des finances rectificative 2018, l’on est en droit de se demander si les émergents ont une réelle volonté d’assainir les finances publiques, et si en détournant leur regard de certains secteurs qui alourdissent inutilement les charges de l’état pour s’attaquer aux petits agents publics, ils ne feraient pas preuve d’un manque de sérieux.

#Gabon : A PROPOS DE LA CRISE BUDGETAIRE
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