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Publié par Marcel DJABIOH

A observer les agissements de ceux qui gouvernent le Gabon, on ne peut que s'inquiéter, tant ils dénotent un manque de sérieux et un degré d'irresponsabilité inimaginable de leur part. Sinon, comment comprendre qu'après avoir plongé le pays dans une si grave crise budgétaire et financière, ceux qui prétendent vouloir y remédier puissent penser qu'un seul jour de réflexion suffirait pour faire le tour de la question et trouver des solutions adéquates ?

Le communiqué final du conseil des ministres du 21 juin 2018 indique qu'un séminaire sur lʼéquilibre et lʼassainissement des finances publiques,s'est tenu du 17 au 18 Juin 2018 au Cap Estérias et a rendu des conclusion qu'Ali Bongo a reçu le mardi 19 juin 2018.
 

 

#Gabon : SEMINAIRE ÉCLAIR ET BÂCLÉ DU CAP ESTERIAS
Ce séminaire avait pour objectifs :
- Faire un état des lieux sans complaisance de la situation économique du Pays ;
- Faire, sans tabou, des propositions et recommandations réalistes en relation avec la situation réelle ;
- Mettre en évidence des données crédibles qui serviront d’éléments de base à la confection de la Loi des Finances rectificative 2018 ;
- Elaborer un Programme de Relance Économique (PRE) qui servira de socle aux discussions et autres renégociations avec les bailleurs de fonds et les partenaires.
 
Si l'on s'en tient à ces objectifs et à l'importance des thèmes qu'ils évoquent, l'on ne peut que s'étonner du peu de temps que des autorités qui se disent soucieuses de la situation économique et financière du pays, ont cru suffisant pour permettre aux séminaristes d'effectuer un travail efficient pouvant aboutir à des conclusions pertinentes et bien pensées.
De même, il est curieux de constater que les conclusions de ce séminaire, n'ayant été reçues par Ali Bongo que le 19 juin 2018, celles-ci se soient retrouvées le 21 juin, soit deux jour après, sur la table du conseil des ministres qui les a adoptées.
 
De combien de temps le gouvernement a-t-il disposé pour en prendre connaissance, les analyser et mesurer leur impact social et économique, avant d'adopter un projet de loi de finances rectificative prenant en compte lesdites conclusion et reflétant la situation réelle des finances publiques, et décider sur cette base, des mesures d'austérité annoncées aux Gabonais ?
 
Au regard de toute la gesticulation orchestrée au tour de ces mesures, on s'aperçoit que celle qui leur a semblé prioritaire et facile d'exécution est la mise sous bon de caisse des agents publics, à laquelle s'ajoute désormais le pointage. C'est à croire que pour ces messieurs et dames, un audit de la masse salariale consisterait à contrôler la présence au poste avec l'espoir de pouvoir réduire les effectifs et ainsi réaliser des économies sur la masse salariale. Or, une démarche aussi bancale révèle plutôt une fuite en avant et une absence de volonté de s'attaquer aux vraies causes et trouver des vraies solutions pouvant sortir le pays de la grave crise dans laquelle ils l'ont plongé.
 
Avec un tel saupoudrage, on est vraiment loin de sortir de l’auberge.
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