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Publié par Marcel DJABIOH

GABON : Crime de Ndjolé, la deuxième mort d'Amadou Yogo ?

Le 21 janvier 2013 près de Ndjolé, chef-lieu du département de l'Abanga-Bigne dans la province du Moyen-Ogooué, un transporteur suburbain, Amadou Yogo, de nationalité camerounaise, est retrouvé mort dans un bas-fond. L'homme était âge de 46 ans.

Comme recommandé en pareilles circonstances, les autorités judiciaires se sont déportées sur les lieux, accompagnées des officiers de police judiciaires de la brigade de gendarmerie de Setrag Ndjolé, le médecin-chef du centre médical de Ndjolé, le Dr Jean-Pierre Mbega, et des proche du défunt, dont Baba Garba, un représentant de la communauté musulmane à laquelle il appartenait. D'ailleurs, ces derniers furent bien présents le 11 mai 2013, lors de la marche contre les crimes rituels.

GABON : Crime de Ndjolé, la deuxième mort d'Amadou Yogo ?

Après une enquête ayant aboutie à l'arrestation de présumés coupables de ce crime crapuleux avec prélèvement d'organes, ces derniers auraient cité entre autres complices, l’actuel directeur général de l’Office des ports et rades du Gabon (Oprag), Rigobert Ikambouayat Ndeka. Le 07 juin, celui-ci est convoqué et entendu par le Procureur de la République, près le tribunal de Lambaréné qui lui-même, avait été sur les lieux du drame, le 21 janvier 2013. Après un interrogatoire de près de 14h d'horloge, il aurait été inculpé par le parquet de Lambaréné, pour instigation d'assassinat avec prélèvement d'organes.

Fait curieux, TVPDG organise un plateau pour débattre de cette affaire , et le médecin-chef du centre médical de Ndjolé, ainsi que quelques membres de la communauté musulmane déclarent six (6) mois après, que la victime n'avait pas été mutilée, comme le prétendrait le parquet de Lambaréné, dont le patron, présent sur le lieu de la découverte, avait constaté de visu, l'état du corps.

Le Dr Jean-Pierre Mbega, pour avoir procédé pourtant pas tout seul, à l'examen du corps, affirme :
" Je certifie avoir été sur place en compagnie du procureur de la République et des gendarmes de la brigade Setrag. La position caricaturale était celle d'un corps qui avait été jeté. La mort remontait à au moins une semaine. Le corps n'était pas totalement décomposé. Un examen poussé nous a permis de voir des traces de couteaux et non des trous par lesquels pouvait sortir un cœur. Il avait sa langue et tous ses attributs sexuels. Je suis gêné qu'on parle de prélèvement d'organes ", et dit avoir remis un procès verbal de constat illustré à la brigade de gendarmerie de Setrag Ndjolé.

Quant à Baba Garba, le représentant de la communauté musulmane, il confirmer la présence du procureur de la République et du commandant de brigade de Sétrag Ndjolé sur le lieu de l'horreur. "Nous avons vu le corps. Nous étions accompagnés des autorités tels que le procureur et le commandant de brigade Setrag. Nous n'avons pas déplacé le corps vu son état de décomposition. Nous étions obligés de l'enterrer sur place après l'avoir examiné. Tout était intact, sauf la tête qui était déjà décomposée",

Sur la photo de droite, on peut voir ce que le Dr appelle "des traces de couteaux" !Sur la photo de droite, on peut voir ce que le Dr appelle "des traces de couteaux" !

Sur la photo de droite, on peut voir ce que le Dr appelle "des traces de couteaux" !

Les déclarations du Dr Jean-Pierre Mbega, médecin-chef du centre médical de Ndjolé, et de Baba Garba, le représentant de la communauté musulmane contredisent celles des éléments de la brigade de gendarmerie de Setrag Ndjolé qui soutiennent qu'il s'agissait bien d'un crime rituel, et le Procureur de la République qui aurait inculpé le directeur général de l’Office des ports et rades du Gabon (Oprag), Rigobert Ikambouayat Ndeka, pour instigation d'assassinat avec prélèvement d'organes. Cette embrouillamini amène tout de même à se poser quelques questions.

  • Pourquoi le médecin chef et Baba Garba ont-ils attendu si longtemps avant de fournir cette version, alors que la presse avait abondamment parlé de cette affaire ?
  • Les deux ne se contredisent-ils pas quand l'un déclare que la victime avait sa langue, pendant que l'autre précise que la tête était déjà décomposée ?
  • Les os se seraient-ils décomposés avant la langue ?
  • Le "Nous" utilisé dans leurs propos exclurait-il les gendarmes et le Procureur de la République ?
  • Sur quelle base le parquet de Lambaréné aurait-il donc conclu à un crime rituel, lui dont le patron avait en même temps que les autres, examiné le corps d'Amadou Yogo ?

Il est à craindre que le médecin et le musulman ne fassent passer le commandant de la brigade de gendarmerie de Setrag Ndjolé, ses agents, et le procureur de la République près le tribunal de Lambaréné pour des incompétents menteurs, et que si leur version s'avère fausse, qu'ils soient eux aussi poursuivis pour fausses déclarations !

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