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Publié par Marcel DJABIOH

GABON : L'opposition boycottera-t-elle les prochaines élections locales ?

A lire et à entendre certains compatriotes membres et sympathisants des oppositions qui composent l'opposition gabonaise, les prochaines élections locales doivent être boycottées. Agir autrement serait selon ces derniers, une trahison de la part des leaders de l'opposition, pour des intérêts personnels prendraient part à ces échéances organisées avec une biométrie taillée à la mesure du pdg, par la société Gemalto, en compensation du marché de quarante milliards (40 000 000 000) de francs CFA obtenu par les bonnes grâces du pouvoir établie.

Alors que contre toute attente, le Ministre de l'intérieur a décidé sans avis du comité de pilotage stratégique, de lancer l'opération d'enrôlement, des voix s'élèvent pour prôner le boycott des élections locales prochaines ; et les raisons évoquées par ces compatriotes pour argumenter leur appel sont fondées, pertinentes et n'échappent à personne. Le pdg comme à son habitude depuis 1990 se lance donc dans ce qu'il sait faire de mieux. Aussi, on assiste à un passage en force, annonciateur d'une fraude par l'usage d'une biométrie pédégisée.avec la complicité de Gemalto.

Face à ce constat, il est clair que les conditions d'organisation de ces élections ne pouvant garantir ni une liste électorale fiable, ni un traitement des données biométriques à même d'empêcher les doublons. Toutefois, si le boycott peut se justifie aisément, il est à déplorer la suspicion et les prêts d'intentions qui entachent ces appels au boycott, parce que injustifiés et distillés sans preuves, par ceux qu'un boycott arrangerait.

Que l'on soit pour ou contre la participation des oppositions au prochain scrutin, quelques questions méritent tout de même d'être posées.

  • En quoi consistera ce boycott dont la campagne n'est menée que sur la toile et par endroits à Libreville, et quel sera son l'impact ?
  • Les raisons du boycott étant celles que nous lisons et entendons ici et là, quelle sera la suite de cette action ?
  • La liste électorale étant mise à plat, peut-ont logiquement prétendre boycotter une élection pour laquelle on est pas électeur, donc incapable d'influer sur le taux de participation ?
  • Compte tenu du fait que la biométrie pédégisée est officiellement validée par le pouvoir et que les présidentielles, dans deux ans seront organisées dans les mêmes conditions, cette logique de boycott sera-t-elle le prochain programme de l'opposition plurielle ?
  • Si non, comment faire échec aux nouvelles méthodes de fraude que le pdg entend expérimenter pendant les locales, en vue des présidentielles en se plaçant hors-jeu ?
  • Le scrutin à la proportionnelle étant différent du scrutin majoritaire, peut-on dans le contexte actuel, affirmer que le pdg même avec la fraude, tirera son épingle du jeu, aussi facilement que ça ?

Pour être mieux compris, cet appel au boycott devrait certainement être accompagné des réponses à ces questions qui du reste ne sont pas exhaustives. N'aurait-il pas été plus logique de commencer par empêcher " l'enroulement " des gabonais dans la farine d'une biométrie pédégisée, à défaut de lancer un appel à l'enrôlement massif des militants et sympathisants de l'opposition, en attendant le dernier mot des leaders quant à la participation ou non à ces locales ?

Une chose parait pourtant évidente ; le pouvoir, après avoir gouté à l'effet du boycott des législatives qui lui a permis de constituer une assemblée nationale mono-colore, souhaite vivement qu'il en soit de même pour les collectivités locales et le sénat. Derrière ce plan, se cache une surprise que les gabonais semblent ne pas percevoir et qu'ils ne comprendront qu'à la prochaine énième modification de la Constitution en prévision des présidentielles de 2016, en cas de sénat mono-colore. Nous y reviendrons.

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