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Publié par Marcel DJABIOH

GABON : Lutte contre les crimes rituels, un pouvoir totalitaire et divisionniste s'y oppose

Dans le bloc constitutionnel du préambule de la Constitution Gabonaise, figure la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 Août 1789 qui dispose en son article 5 que :

"La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas".

Jusqu'à preuve du contraire, aucune loi n'interdit aux citoyens gabonais de s'exprimer par une marche pacifique. Les crimes rituels ayant pris ces dernières années, des proportions inquiétantes, des femmes gabonaises, constituées en collectif pour la lutte contre ces crimes particulièrement cruels, ont souhaité soutenir l'action de l'ALCR en organisant dans une dynamique unitaire, une marche pacifique, le 13 avril 2013, afin d'exprimer aux autorités chargées d'assurer la sécurité et la protection des citoyens, leur désarrois et leur indignation face à ce phénomènes et à l'impunité dont jouissent toujours les auteurs de ces crimes odieux, (commanditaires et meurtriers).

A cette date, Mr Jean François Ndongou, ministre de l'intérieur, avait cru bon d'interdire ce droit à ces citoyens dont la lettre d'information et de demande d'encadrement de ladite marche avait été introduite par Mr Elvis Ebang Ondo, Président de l'Association de Lutte contre les Crimes Rituels ALCR ; association légalement reconnue par l'état gabonais. Comme prétexte, il avait avancé le fallacieux motif de inopportunité d'une telle marche, et invité les organisateurs à opter pour une simple réunion avec lui, qui donnerait lieu à une simple déclaration, suivie de la remise d'un mémorandum à Mr Ali Bongo Ondimba, Chef suprême des forces de défense et de Sécurité. de qui relève directement l'autorité sur les questions de défense et de sécurité.

Qu'est-ce qui a donc bien pu se passer entre le 10 avril et le 07 mai pour que le ministre de l'intérieur change d'avis et accorde à dessein, à une des parties demandeuses, l'autorisation d'organiser une marche, pendant qu'il la refuse catégoriquement à l'autre partie qui pour des raisons propres à celle-ci, à préféré marcher pacifiquement dans le quartier populaire de Nzeng-Ayong, au 6ième Arrondissement de Libreville, et proposé que désormais, la date du 11 mai soit déclarée au Gabon, "Journée nationale de la lutte contre les crimes rituel" ?

En agissant de la sorte, Mr Jean François Ndongou à manifestement fait preuve d'injustice et de violation des droits d'une catégorie de citoyens, créant volontairement une division comme à l'habitude du parti politique auquel il appartient, le PDG, et qui a pour entre autre devise, "Diviser les gabonais pour mieux régner".

Les initiateurs des marches du 11 mai sauront-ils faire échec à cette énième manœuvre du régime visant à semer la confusion, la suspicion et la division au seins d'un groupe de citoyens décidés à se mobiliser pour lutter contre les crimes rituels et l'impunité de leurs auteurs jusqu'à obtention de résultats visibles par tous à travers une meilleure sécurisation des citoyens et leur protection ?

GABON : Lutte contre les crimes rituels, un pouvoir totalitaire et divisionniste s'y opposeGABON : Lutte contre les crimes rituels, un pouvoir totalitaire et divisionniste s'y oppose

Prétendrait-il une insuffisance des effectifs des forces de sécurité pour assurer l'encadrement simultanée des deux marches ? Non cet argument ne tiendrait pas car, il n'a pas hésité à prononcer l'interdiction de la marche de Nzeng-Ayong et d'installer dans ce quartier, un dispositif policier chargé de mater des citoyens qui n'avaient pour seule ambition que de manifester leur solidarité aux familles des victimes des crimes rituels et exiger des mesures urgentes pour mettre un terme à ces crimes. Mr Ndongou a donc fait dans l'arbitraire en empêchant cette marche à coup de matraques et de grenades lacrymogènes, ainsi qu'en procédant à l'arrestation et à la détention arbitraires de certains de ses initiateurs, acteurs de la société civile : Blanche Simoni ABEGHE, Georges MPAGA, Auguste EYENE, Junior TCHUISSAMBO, Pierre MEZUI ONDO, et Davy Armel NDOMBA NDZANGANA, gardés de 10h à 2h du matin, privés d'alimentation et d'eau ; enfermés dans la salle mortuaire du camp de la (Force de Police d'Intervention, (FOPI), en violation des libertés individuelles et des règles de l’Etat de droit et de l'article 50 du code de procédure pénale qui dispose que :

Article 50 : Pour les nécessités de l'enquête, toute personne soupçonnée d'avoir participé à l'infraction, ou entendue comme témoin, peut faire l'objet d'une mesure de garde à vue dans les locaux de la gendarmerie, de la police ou de toute autre force de sécurité investie de pouvoirs de Police Judiciaire.
La durée de la garde à vue ne peut excéder 48 heures. Elle peut être prolongée d'un nouveau délai de quarante huit heures par autorisation écrite du Procureur de la République.
Pendant la durée de la garde à vue, il est fait obligation d'entretenir la personne en parfait état de nutrition et d'hygiène.
Le représentant du Ministère Public peut, à tout moment, contrôler la stricte application des dispositions de l'alinéa précédent et ordonner, le cas échéant, l'élargissement des personnes retenues. (...)

Mr Ndongou tomberait ainsi, sous le coup de l'article 134 du code pénal si le Gabon était effectivement un état de droit comme aiment à le clamer Mr Ali Bongo, ses ministres et le PDG qui malheureusement n'ont jamais su joindre l'acte à la parole.

En effet, l'article 134 du code pénal gabonais dispose que :

"Lorsqu’un fonctionnaire public, un agent ou un préposé du gouvernement aura ordonné ou fait quelque acte arbitraire ou attentatoire, soit à la liberté individuelle, soit aux droits civiques d’un ou de plusieurs citoyens, soit à la Constitution, il sera condamné à un emprisonnement de un à cinq ans et pourra l’être, en outre, à une amende d’un montant maximum d’un million de francs ou de l’une de ces deux peines seulement. L’interdiction de tout ou partie des droits mentionnés à l’article 18 pourra, en outre, être prononcée contre lui. Si néanmoins il justifie qu’il a agi par ordre de ses supérieurs pour des objets du ressort de ceux-ci sur lesquels il leur était dû l’obéissance hiérarchique, il sera exempt de la peine, laquelle sera, dans ce cas, appliquée seulement aux supérieurs qui auront donné l’ordre.
La peine d’emprisonnement sera portées à deux ans au minimum et à six ans au plus, lorsque tout acte, ordonné ou fait dans l’exercice de ses fonctions par un préposé du gouvernement, manifestera de la part de son auteur un esprit tribaliste ou régionaliste tendant à porter atteinte à l’honneur et à l
a dignité du citoyen".

GABON : Lutte contre les crimes rituels, un pouvoir totalitaire et divisionniste s'y opposeGABON : Lutte contre les crimes rituels, un pouvoir totalitaire et divisionniste s'y oppose

Il devrait, conformément aux dispositions de l'article 135 du code pénal, en être de même que tous les policiers qui ont exécuté les ordres arbitraires de Mr Ndongou.

Article 135 du code pénal :

"Les fonctionnaires publics chargés de la police administrative ou judiciaire qui auront négligé ou refusé de déférer à une réclamation légale tendant à constater les détentions illégales et arbitraires, soit dans les maisons destinées à la garde des détenus, soit partout ailleurs, et qui ne justifieront pas les avoir dénoncées à l’autorité supérieure, seront punis des peines prévues à l’article 134".

Quoi qu'il en soit, la lutte contre les crimes rituels continue et n'est qu'au début de sa phase la plus active qui durera jusqu'à l'éradication complète de ce phénomène, du paysage gabonais.

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