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Publié par Marcel DJABIOH

GABON : Quand le pouvoir tente de manipuler les consciences dans l'affaire du sac d'organes humains

Vu ce que commence à distiller une certaine presse, il ne sera pas surprenant que soit servi aux gabonais, une histoire à dormir debout, au sujet du sac d'organes humains retrouvés derrière la rampe d'escaliers du bâtiment abandonné de l'ancien internat du Centre de Formation et de Perfectionnement Professionnel (CFPP) Basile Ondimba à Oloumi. La police scientifique émergente ayant décidé de faire examiner les pièces par le Centre Universitaire des Sciences de la Santé (CUSS), les résultats qui en sortiront ne surprendront personne, quand le pouvoir qui a déjà trouvé des boucs émissaires avant les conclusions l'enquête, annoncera qu il s'agissait d'organes de gorilles et de chimpanzés abattus dans le parc national de Libreville (sic).

Si ceux qui veulent distraire l'opinion avaient été sur place, pour voir ce qu'ont vu les étudiants de l'IST, le procureur de la république près le tribunal de première instance de Libreville, les agents de la police judiciaire, le journaliste de l'Union Jonas Moulenda, ceux de la chaine TVPDG et le médecin légiste, ils auraient surement eu besoin d'un microscope du CUSS pour reconnaitre des sexes d'hommes et de femmes.

Ainsi, après avoir tenté sans succès, de faire porter le chapeau aux maisons de pompes funèbres qui ne traitent jamais de corps sans la présence des parents, ni ne font de mise en bière en leur absence, les OPJ émergents se lancent dans la diversion. Alors que l'ALCR, association qui lutte contre les crimes rituels précise que l'une des nouvelles techniques des bourreaux, consiste désormais à enterrer les restes des victimes, il y en a qui se posent quand même la question de savoir s'il est possible d'avoir prélevé autant d'organes sur plusieurs victimes, sans qu'un tel carnage ne fasse des vagues.

Le médecin légiste qui a confirmé qu'il s'agissait d'organes humains se serait probablement trompé !!!

Le médecin légiste qui a confirmé qu'il s'agissait d'organes humains se serait probablement trompé !!!

Ces personnes ont-elles les statistiques du nombre de personnes portées disparues au Gabon ? Qu'est-ce qui leur fait croire que ceux sur qui ces organes ont été prélevés, ont été exécutés le même jour ? Est-il impossible que ces organes eut été conservés dans un congélateur, au fur et à mesure de l'approvisionnement, et pendant un certain temps, avant leur livraison prévu pour ce jour-là ? Etait-ce par simple coïncidence qu'il eut coupure d'électricité dans cette zone, la veille de la découverte ? Pourquoi donc avoir ébruité l'affaire alors qu'il aurait été plus simple de la taire et de poster des agents pour attendre le moment où ceux qui ont cacher leur butin en ce lieux viendraient le récupérer et leur mettre le grappin dessus ?

Sachant que l'enquête est faussée à la base, certains prennent le raccourci en parlant d'une manipulation orchestrée selon ces OPJ et ces spécialistes en criminologie, par l'opposition ; allant jusqu'à désigner leurs coupables tout trouvés.

En fait de manipulation de l'opinion, celle à laquelle voudrait se livrer le pouvoir, est irresponsable et démontre à quel point il banalise le phénomène des crimes rituels et s'en fout crânement de la sécurité des citoyens. A en juger par le nombre de victimes déclarées enregistrées ces derniers temps, et la protection dont jouissent leurs auteurs, il y a lieu de se poser la question de savoir si finalement les commanditaires et les exécutants n'ont pas leurs complices dans les hautes sphères de l'état ! Sinon, comment comprendre que malgré l'aboutissement des enquêtes menées sur ces affaires, les conclusions soient gardées secrètes pendant que les présumés auteurs et commanditaires se la coulent douce.

On sort des criminels de tôle ; en violation du secret de l'instruction et au mépris du droit à l'image et de la vie privée des citoyens, on va avec des caméramans et des journalistes, interroger des personnes qu'on déclare avoir été citées dans une affaire, pour s'en servir sans l'accord de l'intéressé, à des fins de publicité propagandiste. Pendant que nous y sommes, combien d'opposants ou d'acteurs de la société civile,ont été cités dans une affaire de crimes rituels à ce jour ?

L'article 229 du code pénal disposant que : "Le meurtre emportera la peine de mort lorsqu’il aura précédé, accompagné ou suivi un autre crime. Le meurtre emportera également la peine de mort lorsqu’il aura eu pour objet soit de préparer, faciliter ou exécuter un délit, soit de favoriser la fuite ou d’assurer l’impunité des auteurs ou complices de ce délit. Sera de même puni de mort quiconque se sera rendu coupable d’un meurtre commis dans un but d’anthropophagie.
En tout autre cas, le coupable de meurtre sera puni de la réclusion criminelle à per
pétuité", qu'attend le président du Conseil Supérieur de la Magistrature pour virer le ministre de la justice et tous les magistrats impliqués dans l'ordre de mise en liberté d'office, de deux dangers publics, et de les traduire en justice pour avoir tenté d'assurer l'impunité de deux auteurs de crimes rituels ? Le Gabon émergent n'est-il plus cet état de droit tant vanté ?

Plutôt que verser dans la diversion, la manipulation des consciences et les annonces sans lendemain, le pouvoir a tout intérêt à prendre la question de l'insécurité au sérieux avant que les populations qui en ont ras-le-bol ne s'en occupent à leur manière.

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