Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Marcel DJABIOH

GABON : Raymond Ndong Sima aura-t-il le courage de répondre à la demande d'Ali Bongo ?

En réponse à une question sur la crise qui se manifeste au sommet de l'Etat, entre le Premier Ministre Raymond Ndong Sima et des membres du cabinet d'Ali Bongo Ondimba, rapportée par le journal "l’éveil national", dans sa parution du 25 juin 2013, Alain Claude Bilié Bi Nzé, le Porte parole de la Présidence de la République a trouvé très élégant et suffisamment sage de déclarer au nom de son patron, ce qui suit : " si un collaborateur nommé par le Chef de l’Etat pour remplir une mission estime qu’à un moment ou à un autre, le Chef de l’Etat l’empêche de remplir sa mission, rien ne le retient à sa fonction. Personne n’est sur une fonction par une camisole de force. On n’a pas mis de barbelés autour d’un poste pour empêcher quelqu’un de s’en aller. On n’a pas vissé quelqu’un sur un siège avec des menottes. Donc chacun est libre à un moment de son exercice de tirer un certain nombre de conséquences et de partir. Personne ne retient personne."

Si la réaction d'Ali Bongo face au comportement désobligeant de certains de ses collaborateurs, et dénoncé par son Premier Ministre qui estime que faisant mains basses sur les agences et des conseils d'administration, ces derniers fragiliseraient l'action du gouvernement, alors il y a vraiment crise, et Ali Bongo encouragerait le désordre autour de lui.

Pourquoi donc nommer un Premier Ministre échantillon, pendant que certains membres de son cabinet se sentent plus Premier Ministre que Raymond Ndong Sima, et assumeraient la charge mieux que lui ?

Cette réponse d'Ali Bongo via son porte parole dévoile l'effectivité d'une crise au sommet de l'Etat, et l'anarchie que l'on observe dans la conduite des affaires de la République. Comment croire que le Gabon se porte bien, que ses institutions fonctionnent correctement, quand la vérité se manifeste avec autant de clarté ?

Une chose est certaine, c'est qu'Ali Bongo n'est pas le vrai Président du Gabon, et qu'il ne serait que le représentant d'un groupe d'irresponsables, logés à la Présidence de la République, avec pour seule ambition en faveur du Gabon, leurs intérêts personnels. Les gabonais devraient donc tirer les conclusions qui s'impose devant un tel désordre.

En acceptant le poste de Premier Ministre, Raymond Ndong Sima savait très bien le rôle qu'il était appelé à jouer. Peut-être avait-il un peu de doute, mais la réalité l'ayant rattrapé, que lui reste-t-il à faire si ce n'est de déposer sa démission, et refuser d'être complice d'Ali Bongo et ses potes. Cela lui vaudra plus de respect que s'il continue de se laisser insulter publiquement par des personnes qui lui doivent un minimum de respect, de par la fonction qu'il occupe au sein de l'appareil étatique.

Toutefois, il n'est plus un secret pour personne, le Gabon n'est pas gouverné par Ali Bongo. Raymond devrait prendre son courage à deux mains et déposer dans les tous prochains jours, sa démission sur la table d'Ali Bongo qui en retour, doit avoir le courage de l'accepter et de se choisir cette fois-ci, un premier ministre issu de sa légion étrangère. Et le peuple gabonais lui restera reconnaissant à vie.

Vouloir à tous prix devenir Président de la République est une chose ; l'être et présider une République en est une autre.

Commenter cet article