25 Août 2013
Pourquoi suis-je candidat au poste de Maire de Libreville ?
Je réponds à la question par une autre.
Pourquoi ne serai-je pas candidat au poste de Maire de Libreville comme tout autre gabonais pourrait l’être ?
D’aucuns pourraient aussi se demander si, en me portant candidat à la Mairie de Libreville, je ne suis pas conscient de l’adversité d’en face, à en juger par des sentiments d’animosité que j’ai provoqués contre ma personne à la suite de ma prise de position exprimée le 16 juin 2009 lors des obsèques de feu Président Omar BONGO ONDIMBA. Je réponds que, d’une part, éprouver des sentiments d’animosité ne constitue pas une réponse à ma prise de position, d’autre part, convaincu en conscience de ma bonne foi, c’est précisément dans le droit fil de cette prise de position que je pose humblement cet acte de candidature avec un fort sentiment que les Librevillois l’appréhenderont ainsi et l’intègreront comme étant un acte de foi salutaire. Foi en la démocratie, foi en la transparence électorale qui, malheureusement, peinent encore à éclore dans notre pays.
Mesdames, messieurs,
En posant ma candidature, je fais appel au rassemblement des Librevillois. Celui qui rompt avec l’ordre ancien et va au-delà des partis politiques. Ma candidature s’adresse à tous les gabonais quelle que soit leur appartenance provinciale, ethnique ou politique. Car, n’oublions pas qu’il s’agit d’élections basées essentiellement sur la gestion et que diverses sensibilités politiques élues sur la base du système à la proportionnelle, comme c’est le cas pour les élections locales, seront amenées à gérer des localités ensemble.
Chers compatriotes,
Libreville, ville historique, la capitale de notre pays doit avoir fière allure. Loin d’être encore une réalité, cela doit être une ambition. Cette fière allure doit reposer d’abord sur la légitimité élective des autorités placées à sa tête. Ensuite, cette fière allure devrait se vérifier à l’aune de l’image que renvoie la cité et qui résulte de la politique déployée et par les autorités municipales d’une part, et par l’Etat d’autre part. En effet, on ne saurait perdre de vue que l’Etat qui assure la tutelle administrative et financière des collectivités locales a toute sa place dans l’édification des zones urbaines et rurales au travers par exemple des ministères en charge de l’Intérieur, de l’Urbanisme, des Travaux Publics, de l’Environnement, de la Santé, de l’Education, du Logement, etc. En somme, une synergie des politiques économiques, infrastructurelles, sociales et culturelles, etc. doit constamment se développer entre le pouvoir local et l’Etat ; le tout devant concourir au développement des localités et au bien-être des populations.
A cet effet, les ressources financières locales outre qu’elles doivent s’accroître, en raison des missions de plus en plus lourdes des collectivités locales, devraient bénéficier d’une gestion planifiée et transparente sous le contrôle bien compris de l’Etat comme cela s’organise sous d’autre cieux. L’unicité des caisses ne devrait pas servir de prétexte à l’Etat pour reléguer au second plan les besoins de la ville qui dans le cas de Libreville, génère des ressources propres.
Je profite de cette tribune pour lancer un appel à mes compatriotes des capitales provinciales (Koulamoutou, Mouila, Tchibanga, Lambaréné, Port-Gentil, Franceville, Oyem et Makokou) et des autres communes du Gabon qui ont la même vision que la mienne, à s’entendre sur la base d’une plate-forme politique pour confectionner des listes de candidatures militant pour la démocratie locale et la mise en œuvre de la loi relative à la décentralisation.
Nous pouvons dire prosaïquement que Libreville a besoin de faire sa toilette, non pas celle qu’on lui fait circonstanciellement. Libreville a droit à un entretien de tous les jours en tant que capitale et vitrine du Gabon. Elle est vue, regardée, parfois scrutée, par conséquent appréciée en bien ou en mal par ses habitants et par des milliers de touristes, femmes et hommes d’affaires qui y séjournent pour des raisons diverses. Ils doivent s’y sentir en sécurité, ils doivent y bénéficier d’un environnement agréable et reposant. La plage ne suffit pas.
Voilà pourquoi, soucieux de restaurer l’autorité municipale, ma candidature s’inscrit dans une ambition claire : celle de proposer et de réaliser une politique urbaine crédible et réaliste porteuse de projets qui rencontrent l’adhésion des populations ; ce, grâce à une équipe de femmes et d’hommes légitimement et raisonnablement ambitieux, réunissant un capital humain d’ingénieurs, urbanistes, aménagistes, architectes, sociologues urbains, etc.compétents et dévoués, sous le contrôle d’un Conseil municipal responsable, qui joue son rôle au travers de ses délibérations sur les affaires de la commune conformément à la loi relative à la décentralisation, dans le droit fil des intérêts de ses concitoyens et du pays.
Mesdames, messieurs,
Que constatons-nous à Libreville aujourd’hui dès qu’on s’éloigne du bord de mer et que l’on s’engage à l’intérieur du centre urbain de la capitale ?
Nous découvrons une ville qui croupit sous les immondices et déchets de toute nature. Sommes-nous fiers de constater que notre capitale est dépourvue de cimetière afin d’assurer à nos morts le repos qu’ils méritent. Sommes-nous fiers d’être obligés de nous procurer des aliments vendus à même le sol et le long des rues par des commerçants. Sommes-nous fiers d’emprunter les rues le long desquelles s’amoncellent entre les trottoirs (quand il y en a) et la chaussée proprement dite, des trainées de saleté. Sommes-nous fiers de croiser des hautes herbes en pleine ville, et aux abords des immeubles publics. Je ne parlerai pas d’épaves de voitures qui avilissent notre paysage urbain, etc. Devons-nous continuer ainsi sous le sceau de l’impuissance. Impuissance municipale ?