3 Juillet 2013
Pour soit-disant mettre un terme aux lendemains électoraux tumultueux, Ali Bongo, excluant la société civile du débat, avait invité les partis politiques (Opposition et mouvance présidentielle), non pas à négocier, mais à se concerter sur les modalités de mise en œuvre de la biométrie dans le processus électoral au Gabon. Du 28 janvier au 15 février, ces assises se sont tenues et les conclusions auxquelles sont parvenus les commissaires des deux camps politiques (Opposition et émergence) on été transmises à Ali Bongo Ondimba.
Seulement, là où on s'attendait à voir des gabonais s'accorder dans l'intérêt de la démocratie et de la République, on a plutôt assisté à un débat rangé au cours duquel, contrer les idées provenant des représentants de l'opposition était le jeu favori des commissaires de la mouvance présidentielle.
Ce climat de travail présageait bien de ce que Ali Bongo et son clan, n'ayant nullement la volonté d'appliquer la biométrie telle que le veux la majorité des gabonais, se lanceraient comme à leur habitude, dans des manœuvres visant à appliquer une biométrie pédégisée. Sinon, comment comprendre qu'après une concertation de la classe politique, ayant abouti à des points de convergence contenus dans le rapport général de ladite concertation, les mêmes acteurs se retrouvent aujourd'hui, avec des avis divergents, alors que les représentants des deux camps avaient bien approuvé par leurs signatures, les recommandations issues de cette concertation ?
Si le but visé par l’introduction de la biométrie dans le processus électoral est d'obtenir une liste électorale plus ou moins fiable, faire échec aux inscriptions et aux votes multiples, faire valoir le principe d'un Homme une voix, et garantir des lendemains électoraux apaisés, il semble que la préoccupation du pouvoir établie est ailleurs. Sinon, Ali Bongo ne se contredirait pas en signant un décret aussi vicieux que celui proposé par son ministre de l'intérieur, lors du conseil des ministres du 18 juin 2013 car, comment comprendre que le traitement des données biométriques ne comportant, ni dispositif de reconnaissance faciale à partir de l’image numérisée du visage, ni dispositif de recherche permettant l’identification à partir de l’image numérisée des empreintes digitales enregistrées, il puisse autoriser l’authentification de l’électeur ?
Et le conseil des ministres d'adopter un projet de décret à la teneur suivante :
" Le traitement de ces opérations est dénommé « Projet d’Identité Biométrique Officielle du Gabon », en abrégé « PIBOG ».
Le Projet d’Identité Biométrique Officielle du Gabon (PIBOG) a pour objectif la collecte, le traitement, la transmission et le stockage par des moyens informatiques appropriés, des identités des citoyens gabonais, établies à partir de leurs données civiles et biométriques.
Les catégories de données à caractère personnel du Projet d’Identité Biométrique Officielle du Gabon (PIBOG) porte exclusivement, pour ce qui concerne l’identité de la personne, sur le nom patronymique, le nom d’épouse s’il y a lieu, le ou les prénoms, la date et le lieu de naissance, le domicile ou la résidence, la profession, l’adresse, le centre de vote et pour les données biométriques, les empreintes digitales, la photographie et la signature.
Le traitement ne comporte, ni dispositif de reconnaissance faciale à partir de l’image numérisée du visage, ni dispositif de recherche permettant l’identification à partir de l’image numérisée des empreintes digitales enregistrées. Il autorise toutefois l’authentification de l’électeur.(comment ?)
Les données enregistrées dans le cadre du Projet d’Identité Biométrique Officielle du Gabon (PIBOG) sont mises en œuvre et conservées de façon permanente dans un environnement sécurisé.
Les données sont transmises en utilisant des procédés de chiffrement adéquats. Le dispositif permet à la fois l’authentification et/ou l’identification fiable des personnes afin de prévenir toute divulgation des informations".
N'est-ce pas contradictoire de dire que " Le traitement ne comporte, ni dispositif de reconnaissance faciale à partir de l’image numérisée du visage, ni dispositif de recherche permettant l’identification à partir de l’image numérisée des empreintes digitales enregistrées, puis de mentionner que " Il autorise toutefois l’authentification de l’électeur, de même que " Le dispositif permet à la fois l’authentification et/ou l’identification fiable des personnes afin de prévenir toute divulgation des informations " ?
C'est à croire qu'Ali Bongo à voulu faire semblant, préférant que la tribune d'expression de l'opposition soit la rue, histoire de démontrer à quel point les forces de sécurité et de défense sont à son service et à celui de son parti, toujours disposées à exécuter ses ordres de répression ! Jusqu'à quand le Raïs compte-t-il mener les gabonais comme des moutons ?
Le Gabon n'est pas composé que d'idiots !!!