11 Avril 2013
Depuis plusieurs années au Gabon, nombreux sont ceux qui considèrent qu'avoir fait de bonnes études, disposer d'une bonne formation professionnelle et être compétent ne suffisent pas à garantir une vie plus ou moins aisée. Pour eux, que ce soit dans les affaires, dans l'administration ou la politique, aucune ascension ne dépend de ces seuls critères. Il faut par parrainage, appartenir à certains cercles fermés pour bénéficier du soutien nécessaire, au nom de la fraternité et des pactes auxquels tout membre se doit d'adhérer et de s'assujettir.
L'adhésion à un mouvement, ésotérique soit-il, et prônant l'entraide et la solidarité entre membres d'une association n'a rien de négatif; elle est à la limite normale pour qui veut acquérir des connaissances indispensables à l'évolution spirituel et à la compréhension de certains phénomènes surnaturels susceptibles d'influencer le cours des évènements dans la vie d'un être humain, d'une communauté ou d'un espace géographique donné. Au contraire.
Cependant, elle de vient pernicieuse lorsqu'elle s’établit comme une règle imposable à tous et participe à l'exclusion systématique de ceux qui n'y adhèrent pas, les privant de leurs droits en s'imposant comme passage obligatoire pour accéder à tout ce qui peut participer au bien-être et au libre développement de l'Homme. Tel le nombre de la bête (666) dont fait allusion le livre de l'apocalypse dans la bible. Ap 13: 15-18 " Et il lui fut donné d'animer l'image de la bête, afin que l'image de la bête parlât, et qu'elle fît que tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête fussent tués. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. C'est ici la sagesse. Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête. Car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six."
Le Gabon semble vivre les temps de l'apocalypse, tant la sorcellerie à envahi les milieux de l'administration, des affaires, de la politiques et particulièrement ce lui du pouvoir où tuer est le témoignage de son adhésion et de sa fidélité totale à l'association de criminels et aux grands maîtres des rites fétichistes auxquels on est membre. Aussi, les rites et les sociétés secrètes traditionnels gabonais, le Bwiti, le Ndjobi, le Mekom, le Ndjèmbè, le Lissimbu, le Mungala, le Mbudi, le Bieri, l'Onkani, le Mvett, le Mwiri, l'Okukwè, le Gnèmbè, le melane l'Ebanighi etc, au sein desquels la vie est proclamée sacrée sont reléguées au second plan, en faveur des rites et des sociétés secrètes importés. Ainsi, religions traditionnelles, sociétés secrètes et cercles initiatiques venues d'ailleurs, constituent un monde lié aux politiques pour la plupart mues par le besoin de pouvoir et la cupidité. L'on tue et l'on mange la chaire humaine en buvant du sang et les adeptes se croisent aussi bien dans les temples maçonniques, rosicruciens et des marabouts, à l'entrée desquels se bouscule l'élite même estudiantine, qu'à la cathédrale Ste Marie et à la grande mosquée de Libreville, où sorciers cannibales et honnêtes gens communient le dimanche et le vendredi, comme si de rien n'était.
Les périodes préélectorales et pré remaniements restent les moments de grands stress et d'inquiétude pour les gabonais. Les parents tremblent et pour leurs enfants, et pour eux-mêmes. les forêts de Nzeng-Ayong, Cap Estérias, les zones industrielles d'Oloumi et d'Owendo, les plages, le voie ferrée et la nationale sont des zones d'abandon des corps dépecés et débarrassés de certains organes. Les plus recherchés sont le cœur, la langue, les mains, les yeux, les seins; les oreilles, les poumons, le reins et le sexe, prélevés indispensablement du vivant de la victime, comme le témoigne Pierre Allogo, Nganga habitant dans les environs de Libreville, dans le reportage « Les Organes du pouvoir », diffusé dans l'émission L'effet papillon de la chaîne Canal+ en avril dernier. « Plus la personne souffre, plus le bénéficiaire sera puissant », explique-t-il.
Alors que les victimes sont souvent issues des familles pauvres, incapables d'avoir des ressources financières pour oser une saisine de la justice qui d'ailleurs lorsqu'elle est saisie, ne peut instruire l'affaire dont la plainte prend très vite le chemin une poubelle. Ainsi,l'impunité se trouve garantie aux auteurs et aux commanditaires qui appartiennent souvent à la haute classe de l'administration et au milieu politique. Alors ils continuent allègrement leur sale besogne sans en être inquiétés.