12 Mai 2013
Il était prévisible que le pouvoir par le biais des organes de son parti, ses satellites et autres associations politiques, pervertirait la marche organisée par l'Association de Lutte contre les Crimes rituels (ALCR), en collaboration avec les confessions religieuses. Les regards avertis savaient que le pouvoir, en autorisant une marche qu'il avait interdite moins d'un mois avant, devait élaborer un agenda différent de celui des initiateurs de cette manifestation.
En pensant tourner cette marche en dérision, le pouvoir a réussi avec excellence, à prouver à l'opinion nationale et internationale, que cette marche du 11 mai 2013 à laquelle il s'est invité, n'avait pas pour lui, le même sens que celui voulu par les organisateurs, et soutenu par l'ensemble des gabonais qui vivent désormais sous un stress permanent. L'objectif du pouvoir étant diamétralement opposé à celui des familles des victimes des crimes rituels et des gabonais, Il est apparu au grand jour, devant les objectifs des caméras et des appareils photo. Ainsi, plutôt que d'évoluer dans le sens de l'hommage aux victimes des crimes rituels, de la protestation contre ce phénomène et exiger que les auteurs présumés de ces crimes soient arrêtés et traduits devant la justice, le pouvoir et ses agents ont jugé l'instant, propice à une propagande politique sur l'émergence et favorable à des louanges adressées au couple royal Ali et Sylvia Bongo Ondimba. Ils ont été Incapables de déjouer les pronostiques et la vérité sur leur hypocrisie n'a pas pu être étouffée.
Visiblement joyeux, les PDGistes et leurs alliés n'avaient rien en commun, avec les gabonais venus pour dénoncer les crimes rituels et l'impunité des commanditaires de ces crimes et leurs agents exécuteurs. Pour bien manifester leur hypocrisie face à la douleurs des familles qui ont perdu leurs membres dans des conditions atroces et horribles avec en solde, des auteurs en liberté, les militants du pdg et les badauds recrutés moyennant une somme d'argent pour entonner des chants et des slogans n'ayant aucun rapport avec l'esprit souhaité par les organisateurs de la marche en sont délibérément sortis. En fait de soutient à l'Association de Lutte contre les Crimes Rituels (ALCR), Sa petite majesté le roi Ali Bongo et le PDG via Mme Sylvia Bongo, ont entrepris volontairement de boycotter, la manifestation, en la vidant de son caractère initial pour en faire une simple campagne politique de soutient au régime PDG et son émergence.
Il suffit de se référer aux message inscrits sur leurs banderoles, pour se convaincre de ce qu'ils n'avaient rien à foutre de la lutte contre les crimes rituels et l'impunité des auteurs.
Si certains gabonais ont marché pour la cause annoncée par l'ALCR, plusieurs autres sont venus participer à cette marche sans savoir pourquoi ils y prenaient part, pendant qu'une bonne partie n'aura été attirée par les modiques sommes promises les tee-shirts et les collations comme il est de coutume au PDG.
Comme quoi, pour le pouvoir, le phénomène des crimes rituels ne représentent qu'un banal fait divers, à coté de la légitimité populaire dont il a soif. Pour lui, les images de cette marche devront être exploitées pour servir de preuves de l'adhésion du peuple gabonais aux messages écrits sur les banderoles des émergents. Sauf que ces messages étaient hors-sujet, au mauvais endroit et au mauvais moment. Les plus avertis sauront tirier les conclusions d'un tel mépris de la part d'un pouvoir place la sécurité des citoyens et leur droit à la vie, parmi les derniers de ses soucis.
Le peuple gabonais est-il aussi dupe que pense les émergents ???