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GABON : Quand les forces de l'ordre inventent leur code de la route.

GABON : Quand les forces de l'ordre inventent leur code de la route.

Pour avoir intervenu lors d'un contrôle routier opéré dans la commune de Libreville par des agents de la gendarmerie nationale, le citoyen lambda que je suis, a failli être embarqué arbitrairement pour le camp gros-bouquet, comme il est désormais de coutume au Bongoland.

Mardi 18 juin 2013, un ami venu me rendre visite, m'invite à sortir avec lui, partager une pizza et un petit verre. Après ces agréables moments passés ensemble à manger en refaisant le Gabon, nous décidons de rentrer. Je me propose de regagner mon domicile en taxi, histoire de lui éviter la corvée de me déposer avec son véhicule. L'ami insiste pour me raccompagner jusqu'à mon domicile, avec comme argument, le climat d'insécurité qui prévaut en ce moment. "On nous a vu sortir ensemble, et abord de mon véhicule. Je ne souhaiterais pas qu'il t'arrive quelque chose du genre, enlèvement, assassinat avec prélèvement d'organe, et que je sois soupçonné d"être venu te sortir de chez toi, dans le but de te livrer à un groupe de criminels ". J'arrête donc de tenter de le rassurer et nous voila à nouveau abord de son véhicule, en direction de mon quartier. A mi-parcours, nous sommes interpellés par des gendarmes qui effectuent un contrôle routier.

L'ami obtempère après avoir failli faucher le gendarme qui a surgi d'entre des véhicules en stationnement, habillé en treillis sombre, sans torche ni gilet phosphorescent, il faut dire que la zone choisie pour l'opération est très mal éclairée et qu'il est 22h.

Parvenu au niveau de notre véhicule, le gendarme nous lance un " Bonsoir la famille ! Contrôle de gendarmerie, les pièces afférentes à la conduite du véhicule, et pièce d'identité pour le passager". Pendant que l'ami fouille sa boite à gans pour retrouver les documents, j'en profite pour faire remarquer à l'agent, que son geste a été de grave imprudence, qu'un treillis n'est pas un blindage et qu'il devrait solliciter de sa hiérarchie, l'habillement approprié à ce genre d'opération nocturne. Pour toute réponse, le gendarme nous fait savoir que c'est comme ça qu'ils travaillent habituellement, et que ce n'est pas à moi de m'en plaindre. Et moi de lui rappeler que je participe à l'achat des équipements qui doivent lui permettre de travailler dans les meilleures conditions, et que de ce fait, j'ai le droit de me plaindre des condition d'insécurité dans lesquelles il travaille. Bref.

Après qu'il ait vu ma pièce d'identité qu'il n'a même pas pu lire, faute de lumière, mon ami lui présente son permis de conduire et les documents du véhicule. C'est en se servant de la lumière des phares de notre véhicule, que notre gendarme va les examiner. De retour, il nous fait savoir que le véhicule doit être immobilisé pour "défaut de visite technique". et demande à l'ami de le suivre chez son chef. Lorsque mon ami lui fait savoir qu'il y a seulement un an et trois mois que son véhicule a été mis en circulation, monsieur répond : " Et puis ? Ah suis moi !" J'accompagne donc mon ami chez le chef.

Celui-ci, après avoir jeté un coup d'oeil sur les documents, confirme l'infraction et sort son carnet de quittances. en nous rappelant que le véhicule doit être immobilisé. Et moi de lui poser la question de savoir quelle est le délais au bout de laquelle, un véhicule acheté neuf, doit subir son premier contrôle technique. En réponse, le chef me dit :" Ecoutez Monsieur, le véhicule n'a pas de visite technique, c'est une infraction au code de la route, le véhicule doit être immobilisé. et le conducteur verbalisé". Je me permets poliment de lui dire qu'il n'y a pas d'infraction et que s'il décidait d'immobiliser le véhicule de mon ami et de le verbaliser, cela relèverait de l'arbitraire, parce que non conforme aux dispositions du code de la police routière. Pour l'avoir dit, le chef rentrera dans une colère noire , menaçant de me faire embarquer par la police militaire pour le camp gros-bouquet si je continuais à lui apprendre son boulot. A ce moment, arrive le chef de mission qui demande ce qui se passe.

Ce dernier, après avoir entendu son agent, me pose la question, l'air menaçant, de savoir en qualité de quoi est-ce que j'affirmais qu'il n'y avait pas d'infraction. Me sentant obligé de me présenter, je lui tends ma carte professionnelle en lui rappelant que selon l'article r323-22 du code de la route, "Les voitures particulières et les camionnettes doivent certes faire l'objet d'un contrôle technique mais :
1° Dans les six (6) mois précédant l'expiration d'un délai de quatre (4) ans à compter de la date de leur première mise en circulation ;
2° Postérieurement à ce premier contrôle, d'un contrôle technique périodique, renouvelé tous les d
eux ans" ; et non tous les ans tel que pratiqué au Gabon, en violation dudit code. Par conséquent, le véhicule de mon ami n'ayant été mis en circulation que depuis moins de quatre ans, délais au terme duquel il doit justifier d'un contrôle technique, on ne peut donc pas parler d'infraction, sauf si au Gabon nous avons un code de la route particulier.

Sur ce, le chef de mission sans plus discuter, ordonne au chef de brigade de nous rendre les documents qu'il retenait, tout en s'excusant du désagrément causé par cette incompréhension. Il est certain que s'il n'était pas arrivé sur les lieux, l'affaire aurait pris une autre tournure et j'aurais certainement fini ma nuit dans une cellule comme un vulgaire voyou, pendant que mon ami aurait été verbalisé à tort, lui qui était déjà prêt à payer ce qu'on lui aurait demandé. C'est ce genre d'agent que l'on jette dans la rue pour emmerder les honnêtes citoyens pendant que les criminels qui transforment le pays en boucherie, circulent paisiblement.

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