13 Avril 2013
La suite donnée par Ali Bongo via son ministre de l'intérieur, à la demande d'autorisation d'une marche pacifique afin de dénoncer la recrudescence des crimes rituels au Gabon, introduite au cabinet de Jeff, peut et devrait être interprétée comme un acte de haute trahison, du fait que, outre le caractère insultant et méprisant des âmes des victimes de ces crimes et leurs familles, cette réponse n'est rien d'autre qu'un refus de respecter son engagement pris devant le parlement, représentant le peuple gabonais et la cour constitutionnelle, gardienne des lois, en prestant le serment ci-après, contenu dans l'article 12 de la constitution et qui dispose que :
Lors de son entrée en fonction, le Président de la République prête solennellement le serment ci-dessous, devant le Parlement, et la Cour Constitutionnelle, la main gauche posée sur la Constitution, la main droite levée devant le drapeau national :
" Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du Peuple Gabonais, en vue d'assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et 1'Etat de Droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d'être juste envers tous."
Sous d'autres cieux, à défaut de démissionner, Ali Bongo devrait être traduit devant la haute cour de justice pour violation du serment, conformément à l'article 78 alinéa 1 de la constitution violée à chaque coup de respiration, qui dispose que :
"La Haute Cour de Justice est une Juridiction d’Exception non Permanente. Elle juge le Président de la République en cas de violation du Serment ou de Haute trahison."
Qu'a voulu dire Jean François Ndongou par "Je juge inopportune l’organisation d’une marche tendant à dénoncer la recrudescence des crimes sus-indiqués, cette manifestation saluée par la population gabonaise dans son ensemble, peut faire l'objet d'une réunion, suivie d'une déclaration transmise sous forme de mémorandum à monsieur le président de la république chef de l'état ", dans un courrier signé par lui en réponse à la demande du président de l’Association pour la Lutte contre les Crimes Rituels ???
Ce que Mr Ndongou a jugé opportun c'est d'interdire purement et simplement une manifestation qu'il reconnait pourtant être saluée par "saluée par la population gabonaise dans son ensemble", ramant ainsi à contre courant de l'ensemble du peuple gabonais que monsieur tout à son aise a envoyé compter ses morts victimes des crimes rituels ; tout en trouvant très opportun d'inviter la population gabonaise dans son ensemble, à une simple réunion suivie d'une déclaration qui dépassera celle d'Ali Bongo lors de la réunion d'état-major de crise sur le sujet et à qui l'on fera parvenir un mémorandum. Quel foutage de gueule !!!
Ce qui est opportun pour lui, c'est que des familles qui ont perdu leurs membres dans des conditions atroces et inhumaines ne puissent pas crier demander que justice soit rendue en faisant arrêter, juger et condamner les commandités ainsi que les commanditaires de ces crimes odieux.
Ce qui est sans tout plus opportun pour celui qui est né ministre, c'est qu'on leur colle la paix en les laissant avancer dans le sang des prochaines victimes à l’orée d'un remaniement et des élections locales, que le peuple ne manifeste pas son ras-le-bol et son inquiétude, et surtout qu'il ne leur demande pas de d'assumer leur responsabilité en assurant efficacement la sécurité des citoyens. N'est-ce pas, Mr l'immortel ministre ?
Monsieur Jean-François Ndongou, se croyant malin en faisant rédiger sa réponse par probablement un chargé d'étude de son secrétariat général, à surement oublié ces cours de rédaction administrative, à en jugé par l'entête de la lettre qui porte le N° 0518 MISPID/SG sans mention se du cabinet du Ministre ni du sigle "CAB". (voir fichier joint. Il n'est pas impossible qu'il ait voulu la faire signer par son Secrétaire Général qui n'approuvant certainement pas le contenu, a simplement décliné l'honneur qui lui était fait, préférant qu'elle soit signée par lui-même, d'où ce qui apparait comme une omission.
Par cette réaction du gouvernement, les gabonais ont finalement la réponse à toutes les questions qu'ils se posaient sur les raisons de l'impunité et du flou entretenue autour des crimes rituels au Gabon.