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Publié par Marcel DJABIOH

#gabon: GABON : Affaire Mboulou Beka, conférence de presse tenue par Me Oyane Ondo

Libreville, le vendredi 23 Janvier 2015

Propos liminaire de la Conférence de presse

Affaire Mboulou Beka contre l’Etat Gabonais

Au Gabon, ceux qui militent pour la liberté sont considérés et traités comme des délinquants, traqués comme de vulgaires criminels.

Mboulou Beka était un combattant de la liberté, il a voulu ce jour-là, le 20 décembre 2014, démontré son implication personnelle à l’aspiration de l’immense majorité des gabonais et gabonaises au changement. Il n’avait pour seule arme, que sa croyance à la norme internationalement reconnue que toute personne peut se réunir librement et manifester pacifiquement et librement avec toute autre personne de son choix. Il y croyait si profondément, que le Gabon était allé prendre ces engagements devant le concert des Nations. Mboulou Beka n’a donc pas su, ni cru qu’il avait affaire à un Etat gabonais menteur qui prenddes engagements internationaux, sans aucune intention de les respecter.

Ce jour-là le 20 décembre 2014, Mboulou Beka croyait que ces fortes convictions qui sont universelles et imprescriptibles, c’est à dire consubstantielles à tout être humain, suffiraient à vaincre, comme elles l’ont fait sous d’autres cieux, les forces rétrogrades et obscures qui gouvernent le Gabon, lesquelles ont pour nom : injustice planifiée, pauvreté expressémentcréée et utilisée comme une arme de soumission massive des gabonais, criminalité organisée,insécurité physique et psychologique savamment orchestrées et injectées dans les cœurs des Gabonais comme un virus avec pour conséquence : la peur comme mode vie, l’acceptation de sa propre infériorisation et donc l’acceptation de la perte de sa propre humanité.

Malgré cette planification de la puissance publique à mithridatiser le peuple gabonais, le pouvoir n’a finalement pas réussi à anéantir totalement sa dignité, puisqu’il existe aujourd’huides milliers de Mboulou Beka, obsédés par la liberté et dégoûtés par le totalitarisme du pouvoir politique qui asphyxie les gabonais depuis 47 ans.

L’exécution sommaire de Mboulou participe de la mécanique de dissuasion du despotisme qui gouverne le Gabon. Il est utile pour tout despotisme de répandre la peur dans les cœurs des peuples, pour mieux les soumettre. Sans cette peur, le totalitarisme disparaît. Il fallait donc tuer Mboulou Beka pour faire reculer la masse de compatriotes muselés et désireux depuis longtemps d’exprimer publiquement leur indignation contre l’imposture, le parjure, le faux et l’usage de faux et le mensonge qui sont la marque de fabrique du pouvoir politique gabonais : Mboulou Beka est donc mort pour l’exemple.

Malgré la douleur indescriptible de sa famille, causée par son assassinat par l’Etat Gabonais,Mboule Beka, fils prodige du village Konoville les deux Eglises, ladite famille, le village Konoville et toute la contrée clament à l’unisson : Bien que pauvres, nous sommes nobles !! Tous les gabonais amoureux de la liberté se reconnaissent dans cette attitude et s’en réjouissent.

La famille Mboulou Beka et les milliers de témoins présents savent que l’Etat a abattu Mboule Beka. Elle ne reconnaît donc pas qui ce soit d’autre comme assassin. Les boucs-émissaires trouvés ça et là par l’Etat gabonais pour brouiller les pistes et tout en tentant de se dédouaner ne font que démontrer une fois de plus le gout immodéré du pouvoir gabonais pour l’injustice et le sang, à tel point qu’il en est réduit à fabriquer des coupables, parce qu’il a unimpérieux besoin d’agneaux sacrificiels. La famille Mboulou beka n’a nullement l’intention d’entériner cette basse besogne. Elle sait que c’est un agent cagoulé de la brigade anti-criminalité (BAC), qui a exécuté Mboulou Beka.

Mboulou Beka est donc tombé sur le champ d’honneur au nom de la liberté et la dignitéhumaines. Mboulou Beka est mort pour des principes. Il rejoint ainsi les innombrables martyrs gabonais, ces braves femmes et hommes brutalisés, humiliés, tourmentés, appauvris, rendus malades ou éliminés, alors qu’ils voulaient simplement prendre part à la vie publique de leur pays.

La vérité étant imprescriptible en droit international des droits de l’Homme, la famille de Mboulou Beka n’aura donc de cesse que la réclamer.

Dignité respectée et justice à titre posthume rendue, voilà les seules marques de reconnaissance et de considération, que moi, ton avocat, celui de ta compagne, de tes enfants, je puisse te gratifier, en souvenir de ton courage, de ta force de conviction, et par devoir de mémoire de tous les martyrs anéantis par les prédateurs qui sont au pouvoir au Gabon depuis 47 ans.

De vie à trépas, un message, à l’adresse des survivants, parvient aussitôt d’outre tombe : mis àdécouvert, l’étau autour du minotaure se ressert. Le long combat pour la vérité n’a jamais été vain depuis que le monde est monde.Enfin, il est digne et logique que de rendre justice à tous ceux qui ont secouru Mboulou Beka, dans l’intention de le sauver, alors qu’il venait de recevoir la balle tueuse de l’Etat Gabonais, mais respirait encore ; qu’ils en soient remerciés, complimentés et récompensés éternellement par les bienfaits de la Nature.

En revanche, Mboulou Beka, fils de Konoville par Bitam, que ceux qui t’ont ôté l’existence, en portant atteinte à ta vie et à ton intégrité corporelle post-mortem, tous ceux qui ontparticipé de près ou de loin à profaner ton cadavre, qu’ils soient jugés et punis comme il le méritent. Telle est la mission exaltante que m’ont assignée ta famille et l’esprit du droit universel.

C’est donc au nom du droit qui est divin, et non pas de la loi qui est humaine, particulièrement la loi gabonaise dont tout le monde reconnaît le caractère scélérat, que je déclare solennellement en vertu des divers mandats qui m’ont été donnés par la famille, qu’il est interdit à toute personne, fut-elle dépositaire de la puissance publique, à l’exception des ayants droits, à exprimer une opinion publique au sujet de l’Affaire Mboulou Beka. Toute personne qui violera cette disposition, sera poursuivie en justice par tous les moyens et voies de droit.

Que l’Etat gabonais sache, comme il le croit à tort, qu’il n’est pas propriétaire du corps de Mboulou Beka. En conséquence de quoi, toute trituration de son corps par l’Etat Gabonais ou par ses préposés, sera considérée comme de la profanation pure et simple et fera égalementl’objet d’une action en justice.

Maître Paulette Oyane-Ondo

Avocate au Barreau du Gabon

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