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#Gabon : D'accord pour une candidature unique de l'opposition, mais contre qui et quoi ?

#Gabon : D'accord pour une candidature unique de l'opposition, mais contre qui et quoi ?

A mesure que 2016 approche, nombreux sont les gabonais qui appellent à la candidature unique de l'opposition. ce prétexte utilisé pour cautionner les coups d'état électoraux parait être géniale et serait la solution à l'alternance. Seulement, il est difficile de démontrer qu'une candidature unique de l'opposition garantirait l'alternance, quand les institutions qui gèrent les élections et proclament les résultats des scrutins sont partisanes et non républicaines.

L'idée selon laquelle l'absence d'alternance politique au Gabon depuis 1990 a pour cause les candidatures multiples de l'opposition, ressemble plus à de la manipulation des esprits pour justifier les coups d'état électoraux et participe à la renonciation à la lutte pour l'instauration d'une vraie démocratie dans notre pays qu'à la vérité.

Aux élections législatives de 1990, l'opposition n'avait pas composer de tickets communs. Pourtant, elle se retrouva en ballotage très favorable au premier tour. N'eut été le boycotte décrété par Mba des bois le complice de Bongo 1er, l'opposition se serait retrouvée largement majoritaire à l'Assemblée Nationale et le Gabon aurait vécu la première cohabitation de son histoire et une alternance au parlement. Néanmoins, malgré ce boycott, elle s'en sortie avec 57 députés contre 63 pour le PDG.

A la présidentielle de décembre 1993, l'opposition alignait douze (12) candidats contre Bongo Ondimba 1er. Celui-ci fut en ballotage défavorable ; les résultats partiels plaçant Paul Mba Abessole en tête avant dépouillement des résultats de l'estuaire. Pour éviter d'affronter une opposition rassemblée derrière le candidat du Morena des Bucherons au deuxième tour, Bongo Ondimba 1er se fit déclarer vainqueur au premier tour avec 51,20 % par son ministre de l'intérieur, Antoine Depadoux Mboumbou Miyakou, alors que le dépouillent des résultats de l'Estuaire n'était pas encore terminé. Aussitôt, le ministre de la défense, Fidèle Magnaga, annonçait un couvre-feu sur toute l'étendue du territoire et l'armée sortait de ses casernes. Certains diront que nous étions dans un contexte d'élection à deux tours qui n'est pas celui d'aujourd'hui : c'est exacte.

En effet, chat échaudé craignant l'eau froide, Bongo Ondimba 1er profite de l'accalmie née de la paix des braves, pour convaincre l'opposition lors des accords de Paris, d'accepter le retour au mandat présidentiel de 7 ans au lieu de 5 comme le prévoyait à l'origine, la constitution de 1991. La loi n'étant pas rétroactive, l'opposition avait donné à Bongo Ondimba 1er, la possibilité de se présenter aux deux élections présidentielles après son mandat de 5 ans, obtenu grâce au coup d'état de décembre 1993. Ils étaient semble-t-il, convaincus qu'en 1998 l'opposition regroupée au sein du Haut Conseil de la Résistance (HCR), viendrait about du pouvoir. Or, c'était compter sans la roublardise de leur adversaire qui, face à sept (7) adversaires, fut encore une fois, déclaré vainqueur en lieu et place de Pierre Mamboundou Mamboundou, avec 66,99 %, par la Cour Constitutionnelle avec la complicité de la Commission Nationale Electorale (CNE) acquise à sa cause.

Connaissant les vrais résultats de 1993 et 1998, conscient de ce qu'en 2005, il risquait de mordre la poussière s'il continuait de jouer avec le scrutin à deux tours alors que la majorité de 50 + 1 % devenait difficile à atteindre pour lui, Bongo Ondimba 1er procèdera en août 2003, soit deux ans avant la présidentielle, à une nouvelle révision de la constitution et modifia l'article 9, pour s'assurer une présidence à vie, même avec 30% de voix de l'électorat. Cet article était ainsi libellé :

"Le président de la République est élu pour sept (7) ans au suffrage universel direct. Il est rééligible une fois.

Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n'est pas obtenue au premier tour, il est procédé, le deuxième dimanche suivant, à un second tour.

Seuls peuvent se présenter au second tour les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour.

Au second tour, l'élection est acquise à la majorité relative".

La révision de 2003 le transforma ainsi qu'il suit : "Le Président de la République est élu pour sept (7) ans, au suffrage universel direct. Il est rééligible. L'élection est acquise au candidat qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages".

Malgré cette manipulation de la constitution, Pierre Mamboundou Mamboundou arrivera en tête au terme de la consultation de 2005, mais les mêmes institutions déclareront Bongo Ondimba 1er vainqueur, avec 79,18 % devant quatre (4) candidats de l'opposition. Les troubles qui s'en suivirent seront sanctionnés par une descente musclées au siège de l'UPG et conduisaient aux accords d' Arambo, qui donneront naissance à la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP), à une nouvelle loi électorale consacrant l'usage des enveloppes accolées, la remise des procès verbaux aux représentants des candidats et relanceront le débat sur l'usage de la biométrie dans le processus électoral.

Comme tout le monde le sait, le même scénario s'est produit en août 2009, à la seule différence que le fils n'ayant pas la finesse politique du père, pour appeler à des négociations, préféra brutaliser ses adversaires et faire tuer des gabonais à Libreville et à Port-gentil, pour étouffer toute contestation de sa pseudo victoire proclamée par son ministre de l'intérieur et validée par la Cour Constitutionnel, alors qu'il avait été battu.

Au vu de ces faits, l'on peut affirmer que depuis 1993, le candidat du PDG aux élections présidentielles n'ont jamais gagné honnêtement et en toute transparence. Leurs victoires ont toujours été la conséquence d'une falsification des vrais résultats par des institutions partiales, acquises à leur cause. Le prétexte toujours utilisé pour justifier ces victoires arrangées est resté le même. La multiplicité de candidatures de l'opposition, bien qu'ils aient toujours été battus. Cependant, on peut constater qu'à part la situation particulière de 2009, qui fut marquée par dix-sept (17) candidatures des oppositions, de 1993 à 2005, moins il y a eu de candidats de l'opposition, plus le pourcentage des voix attribuées à Bongo Ondimba 1er augmentait. (1993, 51,20 % ; 1998, 66,99 % et 2005, 79,18 %). Il est certain que s'il n'avait pas cassé la pipe, il aurait obtenu 98,60 % en 2012, avec le concours du même dispositif.

Tous d'accord pour une candidature unique de l'opposition, mais contre qui ? Les cinq (5) adversaires que seront : le ministère de l'intérieur dont le ministre a déjà annoncé les couleurs en contribuant officiellement à la caution de son candidat, la biométrie biaisée, la CENAP dont le président est nommé par le président de la Cour Constitutionnelle, la Cour Constitutionnelle dont les membres sont des militants du PDG et leur candidat ? H2O, même sur la lune produira toujours de l’eau. Que l'opposition dans son ensemble arrête de jouer au yoyo et pose les vrais problèmes de fond pour une réforme des textes et des institutions qui participent à la gestion des élections, et la mise en place d'une vraie biométrie.

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