2 Juin 2013
Les autorités gabonaises ont-elles vraiment à cœur d'assurer la sécurité des citoyens ? C'est la question que se posent plusieurs, au regard des dangers auxquels les habitants de certaines villes du Gabon sont exposés, et devant le rythme croissant des crimes rituels et des multiples agressions enregistrées ici et là.
Monsieur Ali Bongo à qui incombe en premier, la responsabilité de veiller à la sécurité des gabonais selon l'article 22 alinéa 1 de la Constitution qui dispose que : "Le Président de la République est le Chef suprême des forces de Défense et de Sécurité. A ce titre, les questions de défense et de sécurité relèvent de son autorité directe." semble ne pas véritablement s'en soucier, encore moins ses ministres de l'intérieur et de la défense.
Depuis plus de deux ans, des gendarmes et des policiers occupent en permanence, certains carrefours de Libreville, se livrant à des contrôles routiers dont l'objet n'est jamais clair et finissent par se transformer en raquetteurs. Tout cela, pour quel résultat ?
Monsieur Ali Bongo est-il conscient du serment qu'il prêta le jour de son investiture, ou a-t-il simplement choisi de le violer parce que convaincu qu'il a le droit, lui, de violer les lois de la République ? Que signifie donc pour lui :
" Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du Peuple Gabonais, en vue d'assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et 1'Etat de Droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d'être juste envers tous." ?
Ses ministres et lui, semblent confondre sécurité routière et sécurité des citoyens ! Sinon, comment comprendre que toutes les sorties des forces de sécurité soient marquées essentiellement par des contrôles opérés sur les conducteurs et leurs véhicules, pendant que parmi les piétons, des criminels circulent librement ? Un exemple de l’inutilité de ces unités en faction dans les carrefours est, l'assassinat d'une jeune fille, retrouvée avec un pieu dans le sexe, à deux pas des gendarmes postés au carrefour STFO et à l'ex gare routière.
Dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 30 mai, le quartier cocotiers est infesté de policiers venus semer la terreur.
Armes à feu et matraques en mains, on auraient cru à une entrée de rebelles dans une ville. Les riverains qui ont osé poser quelques questions se sont vu embarqués et jetés manu-militari dans leurs camion, sans autre forme de procès. Après tout, ils étaient en mission commandée par le Chef suprême des forces de Défense et de Sécurité, autorité directe de qui relèvent, les questions de défense et de sécurité. et des ministres de la défense et l'intérieur chargé de la sécurité publique.
L'ironie du sort, c'est que deux jours après leur passage musclé et sans motif valable, un corps sans vie est retrouvé dans ce quartier. assassiné malgré leur opération terroriste.
Ce même samedi au soir, les librevillois constatent qu'il y a des contrôles dans toute la ville, avec la participation des forces de défense. Conséquence de ces contrôles, la rareté des taxis qui oblige les populations à marcher et de passer à pieds par des zones à hauts risques.
C'est ce que ces messieurs appellent assurer la sécurité des citoyens et lutter contre les crimes de sang. Quand le gabonais en aura marre et décidera de se régler les compte avec les agents envoyés les terroriser dans les rues et les quartiers, ce sera peut-être en ce moment-là qu'Ali Bongo et ses ministres comprendront qu'ils ne font pas ce que l'on attend d'eux..