2 Juin 2013
Il fallait être naïf pour croire que lors de son discours tenu le 11 mai 2013 à l'esplanade de la mosquée Hasan II, Ali Bongo parlait de la même chose que ceux des gabonais qui avaient marcher pour protester contre les crimes rituels et l'impunité de leurs auteurs.
Il fallait être vraiment naïf pour penser un seul instant, que le discours de l’époux de Sylvia Bongo Ondimba allait suffire pour réduire décourager un temps soit peu, les vampires cannibales assoiffés de sang et affamés de chaire humaine.
Ce carnaval mené par des fanatisés qui ont ôté son caractère revendicatif à cette marche, ne pouvait servir la cause, tant l'esprit n'y était plus.
En effet, les initiés au langage codé avaient bien compris qu'Ali Bongo ne parlait pas des "crimes rituels" mais de "crimes de sang", bien que conscient de ce que, tout crime de sang n'est pas forcément un crime rituel, même si par moment, il ajoutait le groupe de mots "à but fétichiste". Aussi, les spécialistes des crimes rituels ont bien compris que son message ne s'adressait pas à eux, et qu'il pouvaient continuer leur activité sans rien redouter. Résultat des courses, moins de trois semaines après la marche clôturée par son discours inadapté, le rythme des assassinats odieux et cruels avec prélèvement d'organes c'est accéléré, faisant du moi de mai 2013, le mois au cours duquel, l'on aura enregistré le plus grand record des crimes rituels. En vingt (20) jours, plus d'une dizaine de victimes déclarées ont été retrouvées, vidées de leur sang ou mutilées et des organes prélevés. Soit, une moyenne d'environ d'un crime rituel tous les deux jours.
Ali Bongo, dans son discours circonstanciel s'était bien arrangé à être hors sujet, en évitant l'usage du terme "crimes rituels", non sans se vanter d'avoir, en sa qualité de Président du conseil islamique du Gabon, été avec Mgr. Basile Mve Egone, Archevêque de Libreville, coprésident d'honneur du colloque sous-régional sur les "causes et moyens de prévention des crimes rituels et des conflits en Afrique centrale", tenu du 19 au 20 juillet 2005.
Devenu Raïs et Président du Gabon, Mr Ali Bongo Ondimba qui se souvient pourtant du thème de ce colloque sur les "crimes rituels", ne s'est pas gêné le 11 mai 2013, de dévier le sujet de la marche et de se contredire lui-même. Si les gabonais qui l'écoutaient avaient saisi son message, ils se seraient empêchés d'applaudir, car il ne parlait pas des des crimes rituels, mais d'autre chose. Autrement dit, pour Ali Bongo, l'éradication de ce phénomène n'est pas une urgence, d'ailleurs il n'existe que dans la tête des gabonais. Les seuls crimes dont-il reconnait l’existence restent les crimes de sang, en même temps, qu'il se déclare engagé contre cette barbarie depuis 2005 alors qu'il était ministre de la défense. Pour quel résultat, quand on se rend compte que c'est depuis sa prise du pouvoir au Gabon, que le phénomène s'est gravement amplifier ?
Si les gabonais ne décident pas de s'organiser eux-mêmes pour trouver les voies et moyens pour lutter contre ce phénomène des crimes rituels, en devenant des officiers de police judiciaire et s'il le faut, des juges de ces bourreaux, les gouvernants n'auront jamais compris l'état de psychose dans lequel vivent les populations.