9 Juin 2013
Un adage gabonais dit : "Si celui qui c'est courbé ne s'était pas courbé, celui qui a rigolé n'aurait pas rigolé" allusion faite à quelqu'un qui sans gêne et sans aucune précaution, se place dans une position et expose ses parties intimes les plus risibles, puis s'en prend à celui qui se met à rire. Et Étienne Pasquier de dire : "Le premier scandale provient de celui qui fait le mal, et non de celui qui le raconte."
A entendre et à lire les réactions des émergents face aux massacre effectué sur les populations par des criminels en nœud papillon, l'on se croirait face à des inconscients notoires qui se confondent au Gabon. Pour eux, seule leur image compte, et la sécurité des citoyens leur importe peu. Autrement dit, "laissez-vous exterminer et taisez-vous car il y va de notre honneur, nous le Gabon". Et ça ose s'appeler des dirigeants soucieux du bien-être des populations, qui méritent respect. Un vieux sage disait " quand ton chien mange ses enfants, il faut redouter qu'il mange les tiens". Quel chef de famille laisserait sa maisonnée à la portée du danger sans se battre pour assurer leur sécurité ?
Des gouvernants qui veulent se faire respecter doivent commencer par respecter le peuple sans lequel ils ne sont rien. A rapetissant le peuple que l'on fini par chosifier, comment espérer réaliser de grands projets pour le pays qu'occupe ce peuple ? Le manque de considération qu'ont les émergent vis à vis des gabonais dépasse tout entendement. "La valeur d’un État, à la longue, c’est la valeur des individus qui le composent. Un État qui rapetisse les hommes, afin qu’ils puissent être entre ses mains les instruments dociles de ses projets (même bienfaisants), s’apercevra qu’on ne peut faire de grandes choses avec de petits hommes", disait John Stuart Mill.
Or Mr Ali Bongo et son clan d'irresponsables mélangés à sa légion étrangère ont l'air de prendre les gabonais pour des vrais cancres ! Voila des gouvernants qui se respectent en prenant à la légère, la sécurité intérieure d'un pays, pendant qu'ils consacrent l'essentiel de la force publique à leur seul service, et ne sort le reste que pour l'opposer au peuple quand celui-ci revendique ses droits les plus légitimes. C'est cette gestion de la force publique, que ces messiers et dames violent régulièrement et sans sourciller, l'article 12 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 Août 1789 figurant au préambule de la Constitution de la République et qui dispose que : "La garantie des Droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique. Cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée" A quel moment la force publique est au service du peuple pour sa sécurité, quand elle n'est pas déployée pour racketter les automobilistes ?
Finalement, qui de ceux qui, couverts par l'impunité que leur assure le régime, souillent le pays par les crimes crapuleux et le cannibalisme fétichiste ; et de ceux qui dénoncent ces pratiques, salissent réellement l'image du Gabon ? Qui d'entre ceux qui payent des assassins et organisent des réseaux de trafique d'organes humains, et ceux qui estiment que de telles pratiques doivent s'arrêter, aiment leur pays et leurs compatriotes ?
André Frossard avait bien raison de dire : "Quand un gouvernement se trompe, il n’a qu’une solution : persévérer dans l’erreur". Vouloir à tous prix cacher la vérité d'un pays qui pue désormais le crime rituel et l'odeur des cadavres putréfiés pour le faire paraitre beau est semblable à ce qu'un vieux sage appelait : "La beauté du tombeau" ! Beau et propre vu de l'extérieur mais pourri à l'intérieur. Tant que les auteurs des crimes rituels et leurs commanditaires seront toujours protégés, et leur actes, passés sous silence aux prétexte d'éviter de ternir l'image extérieure du pays, le Gabon sera toujours à l'intérieur, le pays de l'insécurité, du deuil et de la désolation. Pourvu que ce peuple chosifié ne sorte jamais de son coma !