10 Juin 2013
Le ridicule devient la veste la plus primée des autorités gabonaises, qui n'hésitent pas à s'en couvrir, tant elles veulent faire passer le Gabon pour un paradis, alors que leur impuissance face à l'insécurité est flagrante. Et la saga à laquelle se livrent les trafiquants d'organes humains, les commanditaires et auteurs de crimes rituels le démontre amplement.
Passant le temps à faire des annonces plutôt que de prendre le taureau par les cornes en mettant en place un plan d'urgence de lutte contre la criminalité et le grand banditisme, les gouvernants, en bons "menfoutistes", se livrent à des actes qui ternissent de plus en plus l'image d'un pays jadis il faisait bon y vivre. Les populations se sentant abandonnées à elles-mêmes, ne plus à quel saint se vouer et sont gagnées par un stress aux multiples conséquences sociales. Cause de maladies cardio-vasculaires, ce stress qui habite de nombreux gabonais, fait des dégâts en sourdine sans que personne ne s'en émeuve ; entrainant une réduction du taux de personnes valides, tout en augmentant celui de la mortalité.
Tout le monde se méfie désormais de tout le monde. Dans les ateliers, les usines, les bureaux, les transports en commun, les quartiers, et même dans les familles, la confiance fout le camp. Le tissus social de fragilise chaque jour sous les yeux de l'exécutif qui ne bombe ses muscles que lorsqu'il s'agit de mater les citoyens, à leur moindre manifestation. Le président du Syndicat Libre des Transporteurs Terrestres du Gabon (Syltteg), Jean Robert Menié l'a encore vérifié le 04 juin 2013, pour avoir ordonné une grève des taxis sur Libreville et Owendo.
Or, pendant que Mr Jean Robert Menié se faisait embarquer, humilier et jeté comme un vulgaire voyou, dans une cellule insalubre du camp de gendarmerie Gros-Bouquet, un sac d'organes humains était découvert au Centre de Formation et de Perfectionnement Professionnel Basile Ondimba, à Oloumi, dans le 5ième arrondissement de Libreville. Bien que plusieurs centaines de paires d'yeux aient reconnu des pénis et des vagins sous le regard du procureur adjoint, Wilfried Adjondo et l'expertise du Dr Liliane Pemba, médecin légiste dont les compétences sont remises en cause par des résultats douteux d'une analyse réalisée au CUSS qui auraient conclu à un sac contenant des morceaux de viande faisandé d’une trompe d’éléphant.
Ainsi donc, pour des microscopiques sexes et autres organes sortis d'une trompe d'éléphant, le procureur de la République aurait ouvert une enquête et placé en garde à vue, quatre agents de deux maison de pompes funèbres. Ces agents et leurs sociétés ne devraient-ils pas porter plainte pour diffamation, arrestation et détention arbitraire ?
Que pensent donc ces autorités, de cette belle trompe d'éléphant des plateaux Batéké ? Ne seraient-elles pas tentées de la voir dans leur assiette de fétiches servie dans certains salons VIP ?
Les populations qui ne sont pas dupes, interprètent ces manœuvres comme étant des grossières tentatives de diversion, plutôt qu'une réelle volonté d'assurer leur protection. Aussi, elles constatent qu'en lieu et place des mesures urgentes à prendre pour assurer leur sécurité, les autorités politico-administratives et judiciaires préfèrent se livrer à une vaste campagne de dénonciation, en direction d'on ne sait quelle autre autorité, surtout quand le premier à s'y mettre, est Ali Bongo Ondimba, le Chef suprême des forces de Défense et de Sécurité, Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, à qui incombe constitutionnellement, à qui incombe les questions de défense et de sécurité, celles-ci relevant de son autorité directe.
C'est ici que cet adage du vieux sage prend tout son sens. "Si des enfants rencontre un fantôme à la source du village, ils le dénoncent auprès des femmes. Si les femmes le rencontrent, elles le dénoncent auprès des hommes. Mais quand arrive le tour des hommes, à qui le dénonceront-ils ?"
N'est-il pas temps d'arrêter de faire du Gabon, ce que Dieu ne vous a pas permis de faire ?