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Le Gabonais un-dépendant à souveraineté pendue ?

Le Gabonais un-dépendant à souveraineté pendue ?

Lorsque fort justement Léon Mba Minko préféra la «départementalisation» à la pseudo-indépendance du Gabon, choix qui devait faire du Gabon un territoire d'Outre-mer, peu de gabonais lui apportèrent leur soutien. Le parti de son principal adversaire politique de l'époque, l'Union Démocratique et Sociale Gabonaise (UDSG) de Jean-Hilaire Aubame, ainsi que son propre allié Paul-Marie Gondjout, secrétaire général du Bloc Démocratique Gabonais (BDG) dont Léon Mba était secrétaire général adjoint, lui opposeront une fin de non recevoir.

Malgré lui, Léon Mba Minko proclamera l'indépendance du Gabon le 17 août 1960, bien qu'il n'en voulait pas. Plus de 50 ans après, le Gabon est resté l'un des plus gros greniers de la France en Afrique. Le pouvoir gabonais dépendant de son colonisateur n'a jamais failli à la logique qui voudrait que la main qui donne, soit toujours au-dessus de celle qui reçoit.

Aussi, le gabonais, éblouie par les mots "indépendance", " liberté ", " souveraineté " " citoyenneté ", s'est cru véritablement indépendant, libre, souverain et citoyen du Gabon, alors qu'il n'est en fait qu'un-dépendant. Autant ses choix politiques, ses ambitions économiques, sociaux et culturels dépendent des choix de ceux qui sont au pouvoir, autant il a fini par n'être qu'une marionnette soumise aux manipulations du PDG, ancien parti de Paul-Marie Gondjout avant la fusion avec les Comité Mixte Gabonais de Léon Mba Minko, devenu la propriété familiale des Bongo qu'accompagnent d'autres bradeurs de la patrie.

Ce parti à l'origine Républicain, perverti par ses nouveaux propriétaires a entrepris depuis le 12 mars 1967, d'assujettir les gabonais, en les privant de leurs droits fondamentaux, inaliénables et inviolables de citoyens, dont celui d'exprimer librement et en toute indépendance, sa " souveraineté." Pour y parvenir, la voie la plus simple a été celle de priver le gabonais de son droit à la propriété foncière, signe de possession du territoire auquel on appartient. Et la direction générale des statistiques ne pourrait démentir le fait que, seule une minorité d'environ 0,98% de gabonais est titulaire d'un titre foncier. A dessein, le pouvoir en place depuis 1967 a choisi de maintenir les gabonais dans l'ignorance, tout en faisant d'eux, des squatters devenus étrangers sur leurs propres terres, en faveur des gens venus d'ailleurs qui en sont progressivement devenus propriétaires légaux, avec la bénédiction et la complicité des autorités au pouvoir.

Alors que la Constitution de la République dispose dans son article premier alinéa 10 : " Toute personne aussi bien seule qu'en collectivité, a Droit à la propriété. Nul ne peut être privé de sa propriété, si ce n’est lorsque la nécessite publique, légalement constatée, l'exige et sous la condition d’une juste et préalable indemnisation, toutefois, les expropriations immobilières engagées pour cause d'utilité publique, pour insuffisance ou absence de mise en valeur et visant les propriétés immatriculées, sont régies par la Loi " ; le pouvoir en place depuis 1967, en violation permanente de cette disposition constitutionnelle, n'a pas jugé bon de rendre les gabonais propriétaires d'une propriété immatriculée à leur nom.

Autant cette situation a, et participe fortement à la pauvreté du peuple gabonais, à sa paupérisation et à la misère dans laquelle est noyé le plus grand nombre. Autant elle lui ôte son indépendance, sa liberté, sa citoyenneté et sa souveraineté qu'il a du mal à exprimer. Un peuple locataire des terres qu'il occupe, peut-il prétendre être indépendant, libre, souverain, et ses membres avoir le statut de citoyens ? Un pouvoir conscient de ce fait ne trouve donc aucune raison de prendre en compte les besoins fondamentaux du peuple, dès lors que les autorités qui incarnent ce pouvoir se confondent à l'état, faisant fi du peuple, pourtant lui aussi partie intégrante de l'Etat.

Au Gabon, l'on peut sans fausse accusation, affirmer que les autorités issues du parti au pouvoir depuis 1967 ont volontairement refusé aux gabonais, le droit à la propriété foncière ; d'abord en évitant d'en faire la promotion et d'indiquer les procédures légales au peuple, puis en compliquant ces procédures pour décourager les quelques gabonais avertis. Pendant ce temps, à coups de décrets présidentiels, ils se sont octroyés des étendues de terres et en ont distribué à leur amis venus d'ailleurs. C'est certainement de cette possession de terres au Gabon par des personnes qui n'en ont même pas dans leurs pays d'origines, que les plus prompts à narguer les gabonais, se permettent le courage de déclarer à l'endroit des peuples autochtones la célèbre phrase : " Je suis plus gabonais que toi " !

Comment ne pas leur donner raison, quand ceux qui dirigent le Gabon depuis 1967 ont et continuent de priver la majorité du peuple gabonais de son droit à la propriété, bien que consacré par la loi fondamentale qui fixe les règles du vivre ensemble, poussant même le vice jusqu'à le chasser armes de guerre aux points, des espaces à céder aux personnes morales et physiques venues d'ailleurs ? Et le gabonais devenu étranger dans son propre pays regarde sans mot dire, son patrimoine devenir la propriété de ces gens venus d'ailleurs, au risque de se retrouver demain, dans la même situation que les palestiniens.

Il suffit pour s'en convaincre, de se référer aux pages du journal l'UNION qui depuis bientôt un an, publie chaque jour, une longue liste de noms des personnes venues d'ailleurs, invitées à régulariser leur situation de séjour au Gabon. Comme si cela ne suffisait pas, les autorités au pouvoir depuis 1967, sans consulter ni le peuple directement, ni ce qui leur sert de représentation dans les deux chambres du parlement, ont décidé de l'ouverture officielles des frontières déjà béantes, dès janvier 2014.

Après tout, un propriétaire consulte-t-il son locataire avant de céder une partie de sa parcelle à qui il veut ? Que le peuple gabonais continue de dormir, et un jour, il se réveillera sous sommation de quitter le Gabon. Un vieux sage dit à ce sujet ; " quand ce qui est arrivé en rampant se redresse, il finit par avaler les humains ".

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