2 Mars 2013
L'on a coutume de dire de l'habitude, qu'elle est une seconde nature. A Gabon, cet adage se vérifie chez les pédégistes. Autant "le chien ne se grattera jamais avec sa patte avant", autant ces gens ne feront jamais les choses autrement.
C'est par cette introduction que le derniers des oncles de ma mère a exprimé ses doutes, quant à la transparence électorale que semble promettre le fils de Mbongo aux gabonais, pour les prochaines élections locales.
Ayant appris par la chaine de télévision pédégé appelé Télé-Gabon, que la délégué nationale de l'union des femmes du pdg (ufpdg) avait entamé une tournée d'explication des modalités d'application de la biométrie aux militants et militantes de son parti, il a tout simplement conclu que le pdg ne jouera jamais franc jeu. Pour soutenir son propos, il m'a raconte cette histoire.
Un jour, alors que sa femme qui venait d'accoucher était allé faire l'eau chaude au village de sa mère, Boukoubi-A-Nzenguè appris que l'oncle maternel de cette dernière avait rendu l’âme. Il s'organisa pour aller prendre part aux obsèques de son bel-oncle. C'est au bout de deux jours de marche qu'il arriva au bout du village de sa belle famille. Conscient de ce qu'il avait de mauvais réflexes strictement interdits de pratique dans le village de ses beaux-parents, il pris la précaution de demander à ses habitudes de l'attendre là, les rassurant qu'il les reprendrait au moment du retour.
Les habitudes s'exécutèrent et allèrent s'asseoir sous un arbre se trouvant juste sur la piste menant à la fontaine du village. Toutes les femmes qui passaient par là, racontaient les unes autant que les autres, tout ce qui se passait au village ; vantant les biens de leurs époux, les unes allant même jusqu'à indiquer imprudemment, leurs emplacements.
Au bout de trois jours d'attente, les habitudes n'en pouvaient plus d'attendre et commencèrent par s'impatienter. C'est alors que le quatrième jour au soir, elles décidèrent d'aller retrouver Boukoubi-A-Nzenguè. Elles arrivèrent au milieu de la cour et l'aperçu, assis dans le corps de garde, partageant avec les hommes du village, un plat de porc-épic au concombre, accompagné d'une boulette de banane pilée. A coté de lui, se trouvait une calebasse de vin de palme. Elles y entrèrent et à leur présence, le comportement de Boukoubi-A-Nzenguè changea. Lui qui jusque-là était très respectueux commença par traiter ses beaux-parents de gros mangeurs, l'insolence avait repris sa place. Il retrouva son regard furtif et se mis à scruter tous les coins du corps de garde quand la main légère s’assit à ses cotés. Lorsqu'un de ses beaux-frères lui rappela les règles de bienséance au milieu des beaux-parents, il se leva et sans sommation lui asséna deux gifles bien appliquées. Tout le corps de garde se leva et un désordre s'y installa.
Dans ce tumulte, Boukoubi-A-Nzenguè passa la main dans la gibecière de son beau-père, où se trouvait une pipe à l'intérieur de laquelle ce dernier avait caché son or, l'empocha et piqua une crise, accusant sa belle famille de l'avoir mal reçu, alors qu'il était venu les assister dans leur malheur. Sous ce prétexte, il décida de rentrer chez lui cette même nuit. Aucun conseil ne lui fit changer d'avis et il pris la route. Mais, à peine était-il parti, que son beau-père s’aperçut que sa pipe précieuse avait disparu et porta ses soupçons sur Boukoubi-A-Nzenguè. Mission fut confiée aux jeunes vaillants du village de le rattraper afin de récupérer la pipe et de lui infliger une bonne correction. Aussitôt dit, aussitôt fait ; il fut rattrapé et l'on retrouva la pipe dans ses effets. Cela lui valu une copieuse bastonnade qui failli lui couter la vie. Il s'en sorti avec une interdiction de remettre les pieds chez sa belle famille et un divorce de sa femme déçue par son incapacité à se défaire de ses mauvaises habitudes.
Voila mon amis, pourquoi faire confiance au pdg, c'est "dormir avec une poule ; car elle fini toujours par te laisser une fiente dans le lit".
Je suis resté sans mots.