Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Quand les experts de la banque mondiale démontent la propagande de Mr j'ai décidé et ses cigales

Alors que les leaders de l'opposition et de la société civile ont toujours soutenu que le taux de croissance actuel est imputable, non pas à sa politique économique, mais à des facteurs externes tels que le cours du dollar et du baril du pétrole, Bongo IIième, dans son interview du 16 août 2014, affirmait tout fiérot devant les caméras de sa télévision (RTPDG), en réponse à la question de savoir quels sont les secteurs hors pétrole, qui contribuent à la croissance positive qu'affiche Gabon, que s'était la conséquence de sa décision d'interdire l'exportation du bois en grumes, en faveur de la transformation locale et de la création des Zones économiques Spéciales (kiakiakiakiakiakia !). Malheureusement pour l'émergent en chef, la Banque mondiale vient de donner raison à l'opposition et à la société civile, lors d'un séminaire qu'elle a organisé dans un hôtel de Libreville. C'est que nous rapporte l'hebdomadaire "Echos Du Nord", dans sa livraison du lundi 15 Septembre 2014.

"Diversification de l’économie gabonaise/Banque mondiale : Le Gabon n’en prend pas le chemin

La Banque mondiale n’a pas mâché ses mots à l’occasion du séminaire sur « la diversification et la compétitivité des exportation du Gabon » qu’elle a organisé le 10 septembre 2014 dans un hôtel du nord de Libreville. Devant le chef du gouvernement qu’accompagnait le ministre des PME, Gabriel Tchango, celui de l’Agriculture, Luc Oyoubi et le ministre délégué à l’Economie, Marcelin Agaya, les experts de la Banque mondiale, Rick Emery Tsouck Ibounde, économiste principal et Akiko Suwa-Eisenmann, consultant, ont clairement indiqué que « les efforts de diversification ne sont pas encore parvenus à réduire la dépendance de l’économie gabonaise vis-à-vis du pétrole ». Ce qui réduit à néant la propagande faite par le gouvernement à ce sujet. Alors que l’économie gabonaise dépendait à près de 65% du pétrole en 2009, cette dépendance a atteint près de 82% en 2011, selon les chiffres présentés par les experts. Ce qui veut dire que ce pouvoir continue « d’exposer le pays à plusieurs risques ».

Il s’agit notamment du « dualisme de l’économie qui fait qu’il y a une enclave qui produit les matières premières pour l’exportation tandis que le reste de l’économie demeure fermé » ont noté les experts.

Il s’agit également du risque lié à la volatilité des revenus, aux déséquilibres macroéconomiques

- une inflation induite par le secteur pétrolier qui « tire par le haut » le coût de certains produits : services, immobilier, main-d’oeuvre qualifiée

- Il s’agit, enfin, du risque d’épuisement des réserves du pétrole.

Pour faire face à ceux-ci, les émergents, selon des experts de la banque, ont adopté des instruments désuets, voir obsolètes. Car, dans le contexte gabonais, leur efficacité à produire des résultats n’est pas garantie. On comprend mieux pourquoi, après une telle charge, Daniel Ona Ondo prétextant un emploi du temps surchargé, suivi de son ministre de l’Agriculture, n’ait pas voulu débattre avec les experts. Ils ont préféré s’éclipser à la fin de l’exposé.

En effet, la Banque mondiale a noté que, pour faire face aux risques énumérés ci-dessus, les émergents ont mis en place comme parade les zones économiques spéciales, l’arrêt de l’exportation de bois en grumes et l’aide aux PME. Sauf que pour que ces mesures soient efficaces, plusieurs préalables doivent être réunis par le pays, ce qui aux yeux des experts, n’est pas le cas actuellement au Gabon.

Ainsi, l’interdiction d’exportation du bois en grumes requiert, selon madame Akiko, les qualités différentes de l’exploitation forestière. Le risque est grand de ne voir s’installer que des unités de transformation inefficaces (produisant beaucoup de déchets) qui, au final, vont demander plus de bois. C’est une mesure qui ne peut prendre que lorsque le pays dispose « d’experts » en nombre suffisant, a conclu l’expert. Car, « la transformation du bois est un métier d’experts avec de bonnes pratiques ». Une façon pour la banque d’indiquer qu’au moment où Ali Bongo Ondimba a pris cette décision en 2010, le Gabon n’était pas prêt pour en tirer un réel profit.

Le deuxième instrument mis en place par le gouvernement, la création des zones économiques spéciales (Zes), ne trouve pas plus de grâce aux yeux des experts de la Banque mondiale. Pour eux, cet instrument a un faible impact sur l’économie locale. En outre du fait du coût élevé de la main-d’oeuvre, de la non stabilité macroéconomique, du climat incertain des investissements, de l’engorgement du port d’Owendo et du déficit en matière d’énergie, le Gabon a une chance quasi nulle d’attirer des investisseurs dans ses Zes. Les orateurs ont indiqué que « les investissements directs étrangers (Ide) ne répondent pas à une variation du taux de taxe des entreprises, mais aux fondamentaux du pays d’accueil (stabilité macroéconomique, climat des investissements) ».

Face à cela, la Banque mondiale, en guide de recommandation, est revenue sur ce qui est son credo, mais que le Gabon émergent a du mal à intégrer : la mise en oeuvre des mécanismes de bonne gouvernance, pour espérer attirer les Ide au Gabon, seuls capables d’induire la diversification de l’économie. Pour cela, au lieu de se lancer dans des politiques hasardeuses, le pouvoir doit : « améliorer la qualité et réduire le coût des services d’infrastructures et de l’énergie; améliorer la qualité des ressources humaines; renforcer le cadre réglementaire et institutionnel de la promotion des exportations; créer un environnement des affaires équitable et transparent ». Ali Bongo Ondimba et ses thuriféraires peuvent-ils le comprendre et se reprendre ? Pas si sûr."

(Source : Echos Du Nord)

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article