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La Banque Mondiale place les émergents au tableau

Le séminaire organisé le 10 septembre 2014 dans un hôtel du nord de Libreville par la Banque Mondiale, a permis à cet organisme auquel le pouvoir a pris l'habitude se référer, pour mentir aux gabonais, de présenter son étude sur la diversification et la compétitivité des exportations du Gabon. Etaient présents, le Professeur agrégé d'économie, Premier Ministre émergent, Daniel Ona Ondo, le ministre des PME, Gabriel Tchango, celui de l’Agriculture, Luc Oyoubi et le ministre délégué à l’Economie, Marcelin Agaya. C'est ce que nous rapporte l'hebdomadaire "Echos Du Nord".

Sous le titre "Gabon, une pâle copie des pays émergents", ce journal nous ouvre quelques pans de ce séminaire dont les conclusions de l'étude exposé contredisent les chants des cigales émergentes.

"Copie falsifiée et aux antipodes des standards de pays émergents. C’est à cette conclusion que sont parvenus les experts de la Banque mondiale, à l’aune du constat déliquescent des leviers de l’environnement économique. Confuses, les autorités gabonaises promettent, sans rassurer, de remédier à ces lacunes béantes d’ici l’horizon 2025."

La structure du tissu économique gabonais est un sérieux frein à l’éclosion de classes
d’hommes d’affaires. C’est l’un des enseignements tirés à l’issue de la présentation
par la représentation locale de la Banque mondiale, de son rapport sur la compétitivité
de l’exportation. Les boulets identifiés sont principalement, le capital humain, les tracasseries
administratives et la faiblesse des infrastructures. Des insuffisances face auxquelles les autorités gabonaises n’ont pas eu à rechigner, en ayant pour seul argument de défense la
nébuleuse qu’est le Plan stratégique Gabon émergent, dans lequel des promesses d’efforts sont différés à l’horizon 2025.
Tout ou presque est à rebâtir, en termes d’infrastructures, pour espérer combler le gap. Les routes sont non structurées sur la Nationale. En zone urbaine, des voiries restent inadaptées
au boom démographique. Des maux corsés par l’absence de logistiques dont souffrent les directions provinciales des Travaux publics, condamnés à se limiter à la remise en forme
partielle de l’existant. La voie ferrée n’est pas exempte, avec des passages à niveau accidentogènes, le vieillissement des traverses et la vétusté des wagons et locomotives. L’absence d’entretien des infrastructures aériennes vient davantage noircir le tableau, des
installations de pointe inexistantes dans de nombreuses provinces du pays. Ajouter à cela la rareté des balises permettant d’identifier la piste en mauvais temps. Autant d’handicaps qui mettent à mal les efforts visant à accroitre l’offre de transports et la mobilité des flux migratoires.

L’inadéquation formation-emploi n’est pas innocente dans la courbe croissante du taux de chômage qui avoisinerait les 31 %. Les tracasseries administratives apportent leur part de chape de plomb aux déclarations de bonnes intentions de décollage économique. D’où les
réflexions visant à la rationalisation des administrations d’appui au secteur privé par la mise en place d’un guichet unique, histoire de mettre fin à la pluralité d’administrations dont les
missions se chevauchent. C’est notamment le cas pour la Douane, le Conseil gabonais des chargeurs et l’Oprag d’une part, et d’autre part du Centre de développement des entreprises,
de Promo Gabon et de l’Agence de promotion des investissements et des exportations.

Outre le rapport de la Banque mondiale dans lequel il porte le bonnet d’âne, le Gabon dispute également les dernières places au classement dans bien d’autres rapports d’institutions
onusiennes. Il est classé 163 ème sur 189 pays dans le rapport réalisé cette année par la Société financière internationale(SFI), une institution spécialisée du Fonds monétaire international et 106 ème sur 144 pays, dans le rapport du forum économique de Davos.
Des indicateurs qui montrent que l’ambition de sa petite majesté de doter le Gabon d’un environnement des affaires de classe internationale, relève du rêve.

(Source : Echos Du Nord N° 250 du lundi 15 septembre 2014)

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