22 Octobre 2017

A la faveur d'une déclaration sur le projet de révision constitutionnelle adopté par le gouvernement de la junte au pouvoir, faite le 21 octobre 2017 au siège de son parti, Zacharie MYBOTO, président de l’Union Nationale, dans un exercice de forte portée pédagogique, a démontré qu’en adoptant en Conseil des ministres, le projet de loi portant révision de la Constitution de la République Gabonaise, particulièrement la modification de l’article 8 de celle-ci, Ali BONGO et son gouvernement ont délibérément violé les articles 17 et 117 de ladite Constitution, commettant ainsi, aux termes de ceux-ci, un acte de haute trahison.
En effet, le Président de l’Union Nationale a indiqué dans son propos, que l’article 8 actuel de la Constitution dispose que :
« Le Président de la République est le Chef de 1'Etat ; Il veille au respect de la Constitution; Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de 1'Etat.
Il est le garant de 1' indépendance nationale, de 1' intégrité du territoire, du respect des accords et des traites.
Il détermine, en concertation avec le Gouvernement, la politique de la Nation.
Il est le détenteur suprême du pouvoir exécutif qu'il partage avec le Premier Ministre »,
Aussi, a-t-il expliqué, « le projet de révision modifie fondamentalement les compétences du président de la République en réécrivant cet article ainsi qu’il suit :
Le Président de la République est le Chef de l'État ; il veille au respect de la Constitution ; il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l‘État.
Il détermine la politique de la Nation.
En cas de changement de majorité à l'Assemblée Nationale, la politique de la Nation est déterminée par le Président de la République en concertation avec le Gouvernement.
Le Président de la République est le détenteur suprême du pouvoir exécutif. »
Le Président de l’Union Nationale a fait comprendre que « cette modification de l’article 8 de la Constitution transfert au président de la République, la totalité du pouvoir exécutif qu’il doit (selon l’article 8 ancien), partager avec le Gouvernement », rappelant que, « le pouvoir exécutif est partagé entre le président de la République qui tire normalement sa légitimité du suffrage universel direct à travers l’élection présidentielle et le Gouvernement qui tire sa légitimité de la majorité à l’Assemblée nationale, donc des élections législatives. »
Aussi, Zacharie MYBOTO a affirmé que : « La suppression de la concertation avec le gouvernement dans la définition de la politique de la Nation, et du partage du Pouvoir exécutif avec le premier ministre, établit sans équivoque le règne absolu, le pouvoir autocratique du président de la République, désormais seul maître aux commandes de tout. »
Soulignant la gravité d’une telle modification, il a précisé que : « Cette réécriture de l’article 8 est extrêmement grave. Elle change le régime semi-présidentiel en cours jusqu’ici et instaure un régime présidentiel total, réduisant le premier ministre au rôle de contremaître de ses ouvriers que sont les autres membres du gouvernement. »
Comme en 2003, alors qu’il était encore député, siégeant à l’Assemblée Nationale pour le compte du Parti Démocratique Gabonais, Zacharie MYBOTO s’est à nouveau dit opposé à chosification du Gabon, déclarant : « C’est la Monarchisation insidieuse de la République … C’est un parjure !!! »
Pour un parjure c’en est bien un car, par cet acte, Ali Bongo viole le serment qu’il a prêté « de respecter et de défendre la Constitution et l'Etat de Droit », embarquant avec lui son gouvernement qui s’est rendu complice de haute trahison, en validant la violation des dispositions des articles 7 et 117 de la Constitution, qui disposent que :
Article 7
« Tout acte portant atteinte à la forme républicaine, à 1'unité, à la laïcité de 1'Etat, à la souveraineté et à 1'independance, constitue un crime de haute trahison puni par la loi. »
Article 117
La forme républicaine de l’Etat, ainsi que le caractère pluraliste de la démocratie sont intangibles et ne
peuvent faire l’objet d'aucune révision. »
Ayant adopté ce projet de révision constitutionnelle visant à réviser la forme républicaine de l’Etat, lors du Conseil des Ministres qui s’est réuni le Jeudi 28 Septembre 2017, Ali BONGO et son Gouvernement ont posé-là, un acte constitutif de « crime de haute trahison » puni par la loi et devraient par conséquent, être tous traduits devant la Haute-Cour de justice.