17 Septembre 2017
Sauf à ne pas être à même de comprendre un texte écrit en langue française, aucun gabonais sachant lire et écrire ne peut s'accorder avec le Premier ministre d'Ali Bongo, quant à son interprétation des pseudo-mesures d'apaisement dont les dialogueurs d'Angondjé auraient convenu. Pas même les dialogueurs eux-mêmes. Car, qui voudrait manifestement tromper l'opinion internationale et tenter de faire passer les Gabonais pour des imbéciles, ne s'y prendrait pas autrement.
En effet, aux pages 42 et 43 du Rapport Général du Dialogue Politique d'Angondjé, il est écrit au point 5 relatif à la prise de mesures en faveur de la réconciliation nationale, paragraphe b et d, ce qui suit :
" b. Mesures d’apaisement
Les deux parties ont convenu de solliciter la magnanimité du Chef de l’État, garant de l’Unité Nationale en vue d’examiner les possibilités de grâces présidentielles pour les détenus ou d'amnistie en faveur des acteurs politiques frappés d'inéligibilité par la Cour Constitutionnelle sous réserve des dispositions légales."
" d. Mesures de reconnaissance
A propos des mesures de reconnaissance, les deux parties se sont accordées sur les propositions ci-après :
- création d’une commission ad hoc paritaire chargée d’appuyer le comité interministériel sur les violences post-électorales de fin août 2016(arrêté n°1409/PM du 6 décembre 2016) :
* recenser, définir les critères, apprécier et proposer à l’indemnisation les victimes des évènements post-électoraux 2009 et 2016 ;
* identifier les lieux symboliques et emblématiques, sur lesquels pourront être édifiés les ouvrages mémoriaux ;
* proposer l’adoption d’une loi de mémoire rendant hommage aux pionniers de la patrie et aux artisans de la paix et de la démocratie."
La lecture de ces paragraphes appelle les remarques suivantes :
1- Les associations et ONG ayant pris part à ces assises dans sa phase dite "Citoyenne", ne sont pas parties de ce que seules, le pouvoir et l'opposition dialogueuse ont convenu ;
2- deux idées sont clairement énoncées au paragraphe b, et ne peuvent donner lieu à aucune confusion possible :
- les possibilités de grâces présidentielles pour les détenus ;
- les possibilités d'amnistie en faveur des acteurs politiques frappés d'inéligibilité par la Cour Constitutionnelle.
Ce paragraphe ne fait nullement allusion à une quelconque idée d'amnistie se rapportant aux événements post-électoraux.
3- le paragraphe d, consacré aux mesures de reconnaissance, propose sans l'exiger, la création d'une commission ad hoc paritaire, excluant la société civile, chargée d’appuyer le comité interministériel sur les violences post-électorales mis en place par les putschistes, dont les missions telles que définies d'accord parties par le pouvoir et l'opposition dialogueuse, ne font allusion à aucune enquête judiciaire sur lesdites violences et les crimes les ayant émaillés.
Le rapport n'étant pas écrit en langue "Kota", tout lecteur de ces passages peut aisément comprendre que l'interprétation faite par Issozé Ngondet, de ce qu'ils ont convenu, est purement et simplement erroné, et même mensongère. Rien de ce qu'il a affirmé n'existe dans le rapport général de leur Dialogue d'Angondjé.
En prétextant que l'initiative d'une loi d'amnistie sur les événements post-électoraux, découlerait des accords d'Angonjé, le Premier ministre d'Ali Bongo, fait preuve de mauvaise foi et marque la volonté de son groupe de putschistes, auquel se sont ajoutés des complices, de passer par pertes et profits, les arrestations et les détentions arbitraires, les disparitions forcées, les tortures, les exécutions extrajudiciaires et autres crimes contre l'humanité dont la junte militaro-putschiste se serait rendue coupable, pour s'imposer à tous prix au pouvoir, contre la volonté de tourner la page bongo/pdg souverainement exprimée par la majorité des électeurs Gabonais, le 27 août 2016.
Issozé Ngondet et son patron devraient revoir leur copie, plutôt que de jeter de l'huile sur le feu en voulant s'auto-amnistier ; car il serait étonnant que les Gabonais traumatisés par les massacres d'août et septembre 2016, avalent d'aussi grosses couleuvres.