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#Gabon : DE QUELLE AFFAIRE JEAN PING NE SE SERAIT-IL PAS TIRÉ ?

Selon le quotidien gouvernemental « L’Union » dans sa livraison du jeudi 18 janvier 2018, Jean PING ne se serait pas tiré d’affaire. Pour ce canard, le membre du cabinet de M. Jean PING, Pascal OYOUGOU, aurait lors de son audition par la Direction Générale des Recherches, livré celui que la majorité des Gabonais considèrent comme le « Président élu de la République Gabonaise. Ce qui justifierait la convocation de ce dernier par le Premier Juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Libreville, pour une audition à titre de renseignement dans ce qu’ils appellent pompeusement « l’affaire Pascal OYOUGOU ».

Connu comme étant le porte-voix du pouvoir, l’on se serait étonné que ce journal eût été un peu plus objectif dans le traitement des informations se rapportant à une affaire dans laquelle M. Jean PING aurait paraît-il, été abondamment cité.

Plutôt subjectifs, le titre et le contenu de cet article affichent toutes les caractéristiques d’une  volonté avérée de préparer l’opinion, à accepter les accusations que le pouvoir via des magistrats à sa solde, voudrait portées contre Jean PING. Cette manœuvre qui a commencé avec la publication du procès-verbal d’audition de Pascal OYOUGOU dans les réseaux sociaux, en violation flagrante du secret de l’instruction, se révèle au grand jour à travers les écrits du quotidien gouvernemental.

En effet, si l’on a pu s’étonner de voir circuler sur la toile, ledit procès-verbal, quelques jours après son déferrement à la prison centrale de Libreville le mercredi 12 septembre 2017, il ne peut en être de même aujourd’hui, quant à l’orientation que le pouvoir voudrait donner à cette affaire. Toutefois, ces faits qui ne sont pas du tout fortuit, ne manquent pas de retenir l’attention des observateurs avertis, qui y voient les prémices d’un coup tordu contre M. Jean PING, du fait que son nom figure dans ce document. Et l'article paru dans le journal « L’Union » du jeudi 18 janvier le confirme.

Certainement convaincu de ce que très peu de ses lecteurs  aient eu accès au contenu de ce procès-verbal, le journal gouvernemental tente de manipuler l’opinion en affirmant implicitement, qu’ayant été cité par Pascal OYOUGOU, Jean PING serait dans une situation si embarrassante, qu’il ne se serait pas tirer d’affaire malgré le coup magistral opéré par son conseil. C'est à croire que ce camouflet à la régulière leur est resté en travers de la gorge.

Pourtant, à la lecture dudit procès-verbal qu’on voudrait présenter comme étant une pierre d’achoppement pour Jean PING, on s’aperçoit qu’il n’en est absolument rien, car il révèle tout autre chose que ce qui est prétendu. Les seules fois que M. Pascal OYOUGOU cite le nom de M. Jean PING pendant son audition, ne laissent nullement sous-entendre quoi que ce soit de compromettant pour celui-ci. D’ailleurs, si l’on s’en tient aux déclarations du présumé coupable d’un supposé complot contre l’état, il y a de quoi en rire, tant la qualification de cette affaire frise le ridicule. 

Ci-joint le procès-verbal d’audition de M. Pascal OYOUGOU, mis à la disposition du public par les services judiciaires de la République Gabonaise, et n;importe qui pourrait consulter.

Feuillet 1/4. 

  • Question n° 2 de l’OPJ : « Qui est monsieur Joël YAKA MOURAMBOU ? »
  • Réponse de P. OYOUGOU : « C’est le responsable d’un parti de Coalition qui s’abrège UFN (...) cette formation politique fait partie de la Coalition autour de monsieur Jean PING, depuis le début »
  • Question n° 3 de l’OPJ : « Comment avez-vous préparé la journée du 4 septembre 2017 avec monsieur Joël YAKA MOURAMBOU ? »
  • Réponse de P. OYOUGOU : « En effet, ce dernier s’était présenté à moi avec un plan de résistance à trois volet (...) Pour le tout, monsieur Joël YAKA MOURAMBOU demandait un budget avoisinant cinq millions (5 000 000) de FCFA. L’ayant présenté à monsieur Jean PING, ce dernier a refusé que tout se passe, car il n’avait pas de moyens à lui remettre. »

Feuillet 2/4. 

  • Question n° 6 de l’OPJ : « Quel était le but de cette marche ? »
  • Réponse de P. OYOUGOU : « Le but de cette marche était une demande citoyenne. (...) Il était prévu que nous fassions un sit-in devant le sénat, donc devant les représentants du peuple afin de réclamer le vote de monsieur Jean PING. »
  • Question n° 9 de l’OPJ : « Comment expliquez-vous que ce soit vous, secrétaire général d’un parti de Coalition qui remettez des sommes d’argent à un président d’un autre parti de cette même Coalition pour qu’il mobilise ses militants ? »
  • Réponse de P. OYOUGOU : « J’ai remis cet argent à monsieur Joël en tant que membre du cabinet de monsieur Jean PING. Cet argent ne venait pas de mes poches, mais du budget global de la manifestation du 04 septembre 2017. » 

Feuillet 3/4.

  • Question n° 10 de l’OPJ : « Donc si nous comprenons bien, vous avez remis cet argent en contradiction de la décision prise par monsieur Jean PING qui disait qu’il n’avait pas d’argent à lui remettre ? »
  • Réponse de P. OYOUGOU : « Il a reçu cet argent au même titre que toutes les composantes de la Coalition. »
  • Question n° 15 de l’OPJ : « Étant donné que selon vous, monsieur Joël YAKA MOURAMBOU ne devait pas se trouver à Fougamou et n’a pas reçu de vous des fonds pour mener son opération, pourquoi est-ce encore à vous personnellement qu’il rend compte des actes qu’il venait de perpétrer ? »
  • Réponse de P. OYOUGOU : « C’est parce que c’est à moi qu’il s’adresse lorsqu’il veut passer un message à monsieur Jean PING. »
  • Question n° 17 de l’OPJ : « Qui d’autre à part vous était au courant de l’opération que devait effectuer monsieur Joël YAKA MOURAMBOU ? »
  • Réponse de P. OYOUGOU : « Hormis monsieur Jean PING à qui on a fait état du projet, j’étais le seul à savoir le plan de monsieur Joël YAKA MOURAMBOU. »

Feuillet 4/4.

  • Question n° 20 de l’OPJ : Reconnaissez-vous le document intitulé « Stratégie pour le saut national » ? »
  • Réponse de P. OYOUGOU : « Oui, je le reconnais. J’ai reçu ce document de monsieur Jean PING. Il me l’a remis pour examen. »
  • Question n° 21 de l’OPJ : « Qui a rédigé ce document ? »
  • Réponse de P. OYOUGOU : « Je ne sais pas. C’est monsieur Jean PING me l’a remis et moi je n’ai pas encore eu le temps de l’étudier. »

Au regard des réponses de M. Pascal OYOUGOU  et sachant comment fonctionne un cabinet quel qu’il soit, peut-on sans vouloir noyer son chien, affirmer en toute objectivité et honnêteté intellectuelle, qu’en citant M. Jean PING, Pascal OYOUGOU dont les réponses sont on ne peut plus claires, aurait véritablement mis ce dernier dans de sales draps pour prétendre qu’il ne se serait pas tiré d’affaire ? De quelle affaire donc s’agirait-il si ce n’est de lui faire la peau ?

À trop tirer sur une corde déjà très raide, celle-ci risquerait de casser plus vite qu’on ne s’y attend. Continuons de jouer au « je m’en-foutisme » fidèle compagnon et proche voisin de « si je savais ». Sinon, collez la paix aux gabonais avec ces histoires abracadabrantes et rendez leur, leur souveraineté volée

 

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