12 Avril 2018

C’est ce 11 avril 2018 à 17h 38mn, soit seize (16) jours avant la date limite fixée par la Cour Constitutionnelle pour de la tenue du scrutin des élections législatives, que par lettre n° 00282/MISDDL/CAB-MIN/DC, le ministre de l’intérieur de la junte a saisi la plateforme des 41 partis politiques de l’opposition engagés dans les prochaines législatives, pour leur demander de convoquer une réunion de concertation, afin d’acter la liste des représentants de leur bord politique au Centre Gabonais des Élections (C.G.E), et de la lui faire parvenir au plus tard, le 13 mai 2018, c’est à dire dans environ un (1) mois.
Deux jours avant, le ministre de l’intérieur avait invité en catimini à son cabinet, les partis membres de cette plateforme, ayant pris part au dialogue d’Angondjé. Le but du jeu, dynamiter ce rassemblement de quarante et un (41) partis de l’opposition, en les amenant à se désolidariser des insoumis qui ont boycotté ces assises, pour faire alliance avec ceux qui comme eux, y avaient pris part.
De cette alliance avec les partis qui s’étaient volontairement exclus des rencontres qui ont abouti à la désignation des représentants de l’opposition au sein de la Commission ad hoc et du Collège spécial, sortirait une nouvelle liste des représentants de l’opposition chargés les uns, d’examiner les dossiers de candidature à la présidence du C.G.E, et les autres d’en élire le président, remettant ainsi en cause, la liste déposée le 26 mars 2018 par quarante et un (41) partis. Malheureusement pour le pompier de service, cette sollicitation a essuyé une fin de non-recevoir. Et c’est certainement cet échec qui a motivé sa lettre n° 00282/MISDDL/CAB-MIN/DC du 11 avril 2018, histoire de sauver les meubles.
Pour mémoire, par correspondance n° 0238 /MISDDL/CAB-MIN/DC du « vendredi 16 mars 2018 », le ministre de l’intérieur invitait les responsables des partis politique de l’opposition et de la majorité, à lui faire parvenir « sous huitaine », la liste de leurs représentants par camp politiques, devant siéger d’une part au sein de la Commission ad hoc chargée de la réception et de l’examen des dossiers de candidature au poste de Président du C.G.E et du Collège spécial devant élire ledit Président d’autre part.
En réaction à cette correspondance, quarante et un (41) partis politiques de l’Opposition qui depuis le 6 mars 2018, avaient démarré des réunions de concertation au siège du Conseil National de la Démocratie, avant de s’y voir refuser l’accès par le maitre des lieux, lui ont transmis le lundi 26 mars 2018, la liste consensuelle de leurs représentants, réceptionnée des mains de M. David Mbadinga, président de l’Union des patriotes gabonais loyalistes (UPGL) et président de la conférence des présidents des partis de l’Opposition par la secrétaire générale du ministère de l’Intérieur, Mme Judith Koumba Pemba Mombo.
Or, dans sa correspondance n° 00282/MISDDL/CAB-MIN/DC du 11 avril 2018, le ministre de l’intérieur qui fait pourtant référence à la correspondance n° 0238 /MISDDL/CAB-MIN/DC du « vendredi 16 mars 2018 », évite de rappeler les délais de réception desdites listes, et avoue avoir réceptionné d’autres listes provenant de : Partis politiques de l’Opposition Démocratique et Républicaine (PSD, PDS, DN) ; Partis politiques de l’Opposition (7MP, UPNR, ARENA) ; et l’Union du Peuple Gabonais (UPG). Ce, malgré la forclusion du délai d’une huitaine fixé par le ministre de l’intérieur lui-même. Toute chose qui camoufle mal les manœuvres par lesquelles le pouvoir voudrait amputer l’opposition de sa représentation en vue de se tailler une majorité pouvant lui permettre d’influencer l’élection du Président du C.G.E. Mais c’est sans compter avec la vigilance de l’opposition qui n’entend pas s’y laisser prendre.
Dans tous les cas, les législatives ne pouvant techniquement pas être organisée dans les délais fixés par la Cour Constitutionnelle et la mise en place du C.G.E ne pouvant s’effectuer qu’après le 28 mais comme semble l’indiquer la correspondance n° 00282/MISDDL/CAB-MIN/DC du 11 avril 2018, du ministre de l’intérieur, il ne reste au gouvernement qu’une chose à faire ; boire jusqu’à la lie, le vin qu’il a tiré.