18 Août 2013
Il est souvent difficile de comprendre et encore plus d'expliquer dans quel état d'esprit peut se trouver un individu qui, dans un discours qu'il a lu et relu avant de le livrer au public, l'on puisse retrouver des contradictions aussi flagrantes. Et un vieux sage disait " Un nganga qui répète les même phrases et se contredit est un charlatant ". Et Ali Bongo qui a emmené plusieurs gabonais à zapper sur toutes les chaines gabonaises au soir du 16 aout, semble n'avoir pas saisie les contradictions que contenait son discours. En voici un exemple.
Le 31 décembre 2012, Ali Bongo déclarait aux gabonais :
" Le Gouvernement de la République a la mission et le devoir de mettre en œuvre les politiques publiques conduisant au cap fixé, dans un esprit de responsabilité qui privilégie la culture du résultat au-delà de toute autre considération. Qu’il s’agisse de certaines décisions des Conseils des ministres décentralisés, des Conseils Présidentiels sur l’éducation et sur l’habitat , de la revalorisation de la situation dans plusieurs fonctions , notamment de l’enseignement de rang magistral que du commandement territorial, je constate des pesanteurs , lenteurs et lacunes dans leur exécution coordonnée et diligente. Cela n’est pas acceptable. Tout ce que nous disons et décidons doit être fait."
Huit mois après, il leur répète le même couplet sur une autre gamme musicale.
" Mes Chers Compatriotes,
Force est de constater qu’au regard des nouveaux défis La coordination gouvernementale s’articule avec lenteur. Des réformes sont retardées par les pesanteurs diverses, par la bureaucratie ou la mauvaise volonté des personnes qui n'ont pas compris que nous avons changé d'époque." A qui la faute ? Certainement aux opposants !!!
" Ces ratés ne méritent aucune excuse. Ils appellent à notre vigilance de tous les instants pour être sûr que la dynamique que nous impulsons ne s'épuise dans la torpeur des mauvaises habitudes, dans le dédale des vieux privilèges.
Le non-respect des lois et règlements, les passe-droits, la corruption, le favoritisme clanique, l'affairisme, la paresse, les détournements privatifs des biens publics, l’absence d’esprit de responsabilité devant nos obligations, voici les maux qui ont trop longtemps entravé notre marche vers le progrès. Ce sont ces mauvaises habitudes que chaque gabonais doit combattre."
En parlant de non-respect des lois, l'exemple venant d'en haut, qui le viole en premier ? En président un parti politique qui ne dispose pas d'un récépissé de légalisation, Mr Ali Bongo donne-t-il un exemple de respecte des lois ? En créant des nouvelles communes et de nouveaux arrondissement d'où sortiront des Sénateurs élus parmi les conseillers municipaux et départementaux des prochaines locales, en violation de l'alinéa 7 de l'article 35 de la Constitution qui dispose que : " Il ne peut être procédé à aucun découpage des circonscriptions électorales dans l'année précédant l’échéance normale du renouvellement de chacune des Chambres ", Mr Ali Bongo , son gouvernement, son parlement et sa Cour Constitutionnelle montrent certainement un bon exemple de respect des lois ! De même que quand il crée par décret, un établissement public à caractère professionnel pour gérer des droits privés (Droit d'auteur et droits voisins), alors que la loi 20/2005 fixant les règles de création de ce genre de structure exige que ce soit fait par une loi et non par un décret, il respecte les lois !
Alors qu'il affirme clairement que " Ce sont ces mauvaises habitudes que chaque gabonais doit combattre", Monsieur oublie que pour combattre ces maux, il faut commencer par les dénoncer comme il semble le faire lui-même dans son discours, à moins de vouloir qu'ils soient combattus par d'autres voies aux conséquences imprévisibles : et lui le plus patriote des patriotes se lance avec maladresse dans des accusations inutiles et illogiques, qu'il croit être une argumentation convaincante et justificative en accouchant ceci :
" Mes chers compatriotes,
Dans la mise en œuvre de notre projet de société un danger nous guette. C’est celui de la systématisation de critiques stériles proférées dans le seul but de décourager les bonnes volontés. Ces critiques non constructives, diffusées à l’emporte-pièce, sont souvent sans fondements, sans analyse et sans solutions alternatives.
Certains de nos concitoyens dépourvus de toute fibre patriotique, prisonniers de cette gymnastique, colportent rumeurs et désinformations, mettent à mal les intérêts de notre pays, menacent la cohésion nationale et font le lit des intérêts étrangers."
Seigneur Dieu, viens au secours du peuple gabonais !
Qui, entouré d'étrangers, exproprie les gabonais de leurs propres terres et livre celle-ci aux étrangers dont-il garantie les intérêts ? Comme quoi, le vieux sage avait raison de dire que : " lorsque tu pointes ton index en direction de quelqu'un, il y en a trois qui sont tournés vers toi " !