9 Septembre 2014
Si j'avais été lui, conscient des conditions dans lesquelles je serais arrivé au pouvoir ; Conscient du bordel constitutionnel organisé par mon père, pour confisquer la souveraineté du peuple et bloquer l'alternance démocratique de 1968 à 2009, plutôt que de me lancer dans une révision unilatérale de la Constitution Gabonaise, j'aurais procédé autrement, conscient que les gabonais dans leur majorité ne m'ont pas élu le 30 août 2009.
Qu'aurais-je donc fait, étant donné que l'axe 1 de mon projet de société était, "CONSOLIDER L’ETAT DE DROIT", axe dans lequel j'ai précisé que :
"Notre pays doit rester un Etat de droit . C’est la première condition pour consolider notre démocratie. Nous devons continuer à garantir et renforcer le pluralisme politique, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté d’association et d’entreprise à travers les institutions républicaines existantes. Dans cette perspective, l’Opposition devrait avoir un statut en rapport avec les exigences de la démocratie. De même, l’Etat devrait continuer à soutenir le développement de la presse et encourager les initiatives de la société civile.
Par ailleurs, il faut rééquilibrer dans la Constitution les pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. A cet effet, il convient de repréciser les rôles et les missions des acteurs de chaque pouvoir, tout en veillant à renforcer les capacités du Parlement et de la justice pour leur permettre de jouer efficacement leurs rôles" ?
Ayant déclaré dans le même axe que : "Notre époque nous oblige également à aller plus loin et à poursuivre l’ancrage de notre système institutionnel sur des institutions solides et une gouvernance incontestable", J'aurais tenu parole, non pas en me taillant une Constitution sur mesure pour renforcer mon pouvoir et consolider la légalisation des bases de l'impossibilité d'alternance démocratique au Gabon, mais en invitant tous mes compatriotes à la création d'une Troisième République, une nouvelle République organisée selon les aspirations du plus grand nombre. C'est ce que j'aurais annoncé au peuple gabonais, dans mon premier message à la nation, le 31 décembre 2009. Je leur aurais demandé de réfléchir sur le régime politique de cette nouvelle République ; présidentiel, semi-présidentiel ou parlementaire ect.
Pour joindre l'acte à ma parole, après la célébration de l'anniversaire du parti hérité de mon père, j'aurais dissout l'Assemblée Nationale et confirmé l'importance que j'ai dit accorder à l'opposition et à la société civile, en composant sur un mode convenu d'un commun accord (pouvoir et alliés, opposition et société civile), une Assemblée Constituante, en vu de procéder à la rédaction d'une Nouvelle Constitution et d'une nouvelle loi électorale devant servir dès le référendum d'adoption de la Nouvelle Constitution par le peuple souverain, dans un délai de six mois maximum. Cette constituante aurait réuni à la proportionnelle au tiers, 40 membres issus du parti hérité de mon père et ses allies, 40 de l'opposition et 40 de la société civile. Je leur aurais laissé le libre choix des consultants parmi nos éminents juristes et l'opérateur qui introduirait la biométrie dans le processus électoral.
Après les résultats du référendum, ayant une idée plus précise du type de République que veulent les gabonais, j'aurais proposé des assises nationales de l'économie, du social et de la culture, avant l'organisation d'élections générales (Législatives et Locales) à la proportionnelle au tiers. Je me serais soumis aux résultats sortis des urnes, même s'ils m'obligeaient à une cohabitation. L'élaboration des textes de reformes, serait confiée aux différentes administrations selon la nécessité qu'imposeraient les différents axes de mon projet de société. Ainsi, j'aurais certainement racheté l'âme de mon père, et libéré le peuple gabonais et ma propre conscience du grand tort causé. j'aurais certainement modifier le regard que les gabonais ont de ma famille.
Mais ça c'est moi qui ne suis pas lui. Lui n'étant pas moi, il a choisi de faire selon les conseilles de ses potes, aux mépris de la volonté exprimée par la majorité des gabonais. Le constat aujourd'hui est que tous les acquis démocratiques obtenu lors de la conférence nationale de 1990 ont été jetés à la décharge de Mindoubé. Et pour éviter un débat de fond sur la question, ses amis et lui passent leur temps à semer la diversions croyant détourner l'attention du peuple qui les a à l’œil.