11 Octobre 2014
L'indifférence qu'affichent les parents d'élèves face à la crise de l'éducation qui affecte la formation de la jeunesse depuis plusieurs années est vraiment surprenante. Certains parents voient d'un mauvais œil, la grève des enseignants et les accusent de prendre leurs enfants en otage. Pour d'autres, les enfants doivent aller à l'école et les enseignants n'ont pas à hypothéquer l'avenir de leurs enfants. Ce type de réactions des uns et des autres frisent l'inconscience et s'apparente à une complicité passive, au génocide intellectuel organisé depuis des décennies par le PDG, son parlement et son exécutif, afin de pérenniser la domination de leurs familles, sur celles des pauvres et des moins nantis, qui ne peuvent s'offrir le luxe d'inscrire leurs progénitures dans des établissements privés ou les envoyer étudier et se former à l'étranger.
C'est un droit pour notre jeunesse d'apprendre et de se former. Mais dans quelles conditions et avec des enseignants officiant dans quel état d'esprit ? Depuis combien d'années les mêmes revendications reviennent ? Comment ne pas croire que cette situation est volontairement entretenue et que pour le pouvoir, c'est presque normal que chaque année, la jeunesse apprenante du Gabon soit livrée en sacrifice par un pouvoir irresponsable ? Leurs enfants apprennent dans les meilleurs établissements du pays et certains à l'extérieur. Alors pourquoi se casser la tête pour améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants, et le cadre d'apprentissage des enfants de pauvres ? Et pour fuir des responsabilités qu'il a lui-même décédé de prendre, Mr j'ai décidé se cache derrière un gouvernement dont les membres ont été pourtant choisis par lui. Tenez.
Début décembre, suite aux différents mouvements d'humeur initiés par les élèves de Libreville et de l'intérieur du pays, le petit prince devenu roi eut le réflexe de décidé de réagir en ajournant précipitamment, les réformes mises en place avec son accord, par son ministre de l’Éducation nationale, et en violation du principe du parallélisme des formes qui voudrait qu'une loi ne soit suspendue ou abrogée que par une autre loi. Son porte parole fut illico-presto envoyé à TVPDG, livrer son message aux manifestants. Dans celui-ci, Billie-le Kid annonçait que son patron avait décidé de surseoir les réformes du Baccalauréat et du BEPC, tant décriées par les élèves et à l'origine de leur mouvement de grève depuis plusieurs semaines. Il avait fait fi de ce que le mouvement en question était également une réaction à la grève des enseignants qui ne dispensaient plus de cours.Et comme à leur habitude, au lieu de regarder aux causes, il avait botté en touche, non sans brandir leur solution favorite, la menace. "Le Président de la République, Chef de l'Etat, tout en marquant sa très forte indignation devant ce qui apparaît comme l'instrumentalisation à des fins politiciennes de la jeunesse Gabonaise condamne fermement ses actes et rappelle à chacun que le Gabon est un Etat de Droit , il indique en conséquence que les responsables des dits actes répondront devant les juridictions compétentes".
Dans le même communiqué, la création d'un Conseil national de la formation et de la recherche avait été également été annoncée, précédée d'un véritable blabla qui n'avait pour seul objectif que d'apaiser les tensions. "En plaçant le capital humain au coeur de la stratégie de développement de notre pays, le Président de la République traduit, toute l'importance qu'il accorde à la jeunesse et à l'avenir du Gabon.
Il rappel que l'émergence ne pourra se faire sans une jeunesse bien formée, et c'est fort de cela que depuis son accession à la magistrature suprême, il a instruit le Gouvernement à entreprendre des reformes institutionnelles fortes visant à rendre plus performant notre système éducatif afin de l'adapter aux exigences de notre plan de développement. A cet effet, l'amélioration des conditions de travail des enseignants, d'une part et le renforcement des capacités des structures d'accueil et l'adaptation des contenus pédagogiques d'autres part, figure aux nombres de ces reformes.
Si certaines d'entre elles ont prospéré, d'autres sont encours de mises en œuvre et devraient aboutir sur la modernisation de notre système éducatif. Il convient cependant de constater que certaines d'entre elles font l'objet d'incompréhension et d'interprétation diverses." (sic, en quelle année ?)
Et Bilie-Le- Kid de poursuivre : "Afin de ramener la sérénité dans ce secteur, et de renforcer sa gouvernance globale, le Président de la République, Chef de l'Etat, a décidé de surseoir la mise en œuvre des reformes querellées, notamment les nouvelles conditions d'admissions en classe de seconde et celle relative au baccalauréat.
Il annonce dans le même temps la mise en place sous son autorité direct du conseil national de l'éducation de la formation et de la recherche dont la mission est d'évaluer la mise en œuvre des autres formations, des projets d'infrastructures et l'équipement dans l'enseignement, la formation et la recherche au moyen de bilan d'étape au fin d'apporter des réajustement nécessaire visant une plus grande efficacité des actions éducatives et de recherches." Où est cette efficacité promise ?
A l'occasion de la présentation des vœux le 31 décembre 2013, Mr J'ai décidé, comme si ce que son porte parole avait rendu public ne suffisait pas, était revenu lui-même sur cette annonce en ces termes. "Chers compatriotes, les négociations menées par le gouvernement et les partenaires sociaux sur bien des sujets témoignent de la vitalité de notre dialogue social. Dialogue qui doit continuer (…). A ce sujet, j’ai décidé de la création et de la mise en œuvre du Conseil national de l’Education, de la formation et de la recherche qui sera désormais le cadre de concertation pour traiter globalement et définitivement des grandes questions relatives à l’éducation et la formation dans notre pays"
Cependant, on pouvait remarquer que de ce nouvel organe, étaient exclus les représentant du ministère de l'éducation nation nationale et de la formation et qu'il n'est ouvert qu'aux représentants des collectivités locales, de la chambre de commerce, du patronat, des syndicats des secteurs de l'enseignement, des parents d'apprenants, les représentants d'apprenants et la Présidence de la République, cet organe nouveau témoignage de l'engagement du Chef de l'Etat dans l'amélioration de la qualité de l'éducation dans notre pays devrait permettre à l'ensemble des acteurs de la communauté nationale de participer à l'élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des reformes qui se font dans ce secteur.
La tutelle étant absente de ce conseil, qui lui donnerait des informations utiles, permettant d'avoir une meilleur lisibilité sur problèmes qui minent le secteur ? Ceci démontre à suffisance que cette annonce n'avait pour objet que de faire croire aux gabonais, que les problèmes de l'éducation seront désormais traités au plus haut niveau de l'état, avec la ferme volonté de mettre un terme au cycle infernal de revendications. Ce fut d'ailleurs à cette occasion qu'Ali'9 annonça la construction des 400 nouvelles salles de classe que personne n'a vu depuis cette annonce. Que pense donc Ali de la situation actuelle et qu'a-t-il attendu depuis décembre 2013, pour convoquer des réunions du Conseil National de l’Education, de la Formation et de la Recherche afin d'examiner les cahiers de charges des partenaires sociaux de ce secteur et y apporter les solutions qui s'imposent, avant la rentrée des classes 2014-2015 ?
Pour tout dire clairement, Ali'9, en créant le Conseil national de l’Education, de la formation et de la recherche, en le plaçant sous son autorité directe et n'ayant rien fait depuis sa création pour le réunir, reste le responsable numéro un de la situation que vit le secteur de l'éducation aujourd'hui. Rien de ce que le nouveau ministre entreprendra ne pourra régler le problème et les enseignants le savent très bien, et les parents d'élèves devraient également le comprendre et soutenir les enseignants pour une école digne de ce nom pour nos enfants, car le pouvoir n'en aura que cure, si aucune pression n'est exercée sur lui comme le firent les élèves en décembre dernier.